11h02 : « La priorité en Syrie est humanitaire »

Rédaction en ligne

jeudi 23 février 2012, 12:09

Plus de 7.000 civils ont été tués depuis le début de la révolte en mars 2011. Jusqu’où le régime de Bachar el-Assad pourra-t-il impunément aller dans sa folie criminelle ? Maroun Labaki a répondu à vos questions

Pourquoi la population syrienne s’est-elle soulevée ?

« Le pays est soumis à une dictature féroce. En Syrie, le régime est détenu par les Alaouites, une minorité chiite. Or, la population est majoritairement sunnite. Il y a donc une tension entre le peuple et le gouvernement pour cette raison-là. »

Pourquoi on n’intervient pas en Syrie ?

« L’année dernière, ; lors des bombardements contre Benghazi, on a dit que nous ne pouvions assister à cela sans réagir. La question est, comment devons nous le faire ? Nous avons eu la leçon avec la Libye. On sait ce qu’on a mais on ne sait pas sur quoi nous allons déboucher. De plus, les richesses naturelles de la Syrie ne sont pas celles de la Libye. Les intérêts économiques occidentaux ne sont pas les mêmes dans les deux cas. mais la véritable raison pour laquelle on n’intervient pas est institutionnelle. Il y a un blocage total à l‘ONU de la part de la Chine et de la Russie. »

Pourquoi la Russie opère-t-elle ce blocage ?

« La Russie est encore dans une logique de guerre froide, de zone d’influence. Elle veut continuer à exister. D’autant que les Russes ont l’impression d’avoir été piégé l’année dernière en Libye quand après la résolution du conseil de sécurité, l’opération militaire a été mise en place. Ils disent que ce n’était pas prévu. »

Que peut faire l’Europe dans ce conflit ?

« L’Europe peut encore jouer. Pour le moment, elle essaye d’obtenir une résolution au Conseil de Sécurité mais cela n’a pas l’air de pouvoir se faire. Cela dit, les chinois sont peut-être plus ouverts que les Russes. Ils viendront peut-être à la réunion qui aura lieu demain en Tunisie. Mais la priorité européenne est humanitaire. Il faut arrêter ce massacre, au moins deux heures par jour, pour pouvoir amener les secours aux blessés et permettre aux gens qui veulent sortir de le faire. Il faut bien se rendre compte qu’il y a un siège du quartier civil. Ces quartiers sont pleins de gens qui vivent là. Ils faillent leur permettre de sortir de là s’ils le souhaitent. »

Propos résumés par Gauvain Dos Santos (St.)