Edith Bouvier et William Daniels sont rentrés à Paris
Rédaction en ligne
vendredi 02 mars 2012, 18:19
Les journalistes évacués de la ville syrienne assiégée de Homs où ils sont restés coincés plusieurs jours, ont été accueillis par Sarkozy. Le président français veut que Damas rende des comptes.
©AFP
L’avion officiel ramenant du Liban les journalistes Edith Bouvier et William Daniels, évacués jeudi de la ville syrienne assiégée de Homs, s’est posé vendredi à l’aéroport militaire de Villacoublay, a constaté une journaliste de l’AFP.
Ils ont été accueillis par leurs familles et le président de la République Nicolas Sarkozy qui, dans une brève allocution, a rendu hommage au « courage » d’Edith Bouvier, grièvement blessée à une jambe, et « à l’esprit chevaleresque » de William Daniels.
Damas aura à « rendre des comptes »
Le chef de l’Etat s’est ensuite rendu dans l’appareil pour s’entretenir avec les deux journalistes. « Je voudrais dire de la façon la plus solennelle que les autorités syriennes auront à rendre des comptes devant les juridictions pénales internationales de leurs crimes », a également déclaré le chef de l’Etat.
Arrivée jeudi soir au Liban avec William Daniels, un autre journaliste français, elle a été examinée vendredi à l’Hôtel-Dieu de France à Beyrouth avant de décoller en début d’après-midi pour Paris. Le chef de la diplomatie française Alain Juppé a indiqué vendredi matin que la journaliste était « en bonne santé malgré sa fracture ».
Edith Bouvier, 31 ans, a été blessée le 22 février lors d’un bombardement sur le quartier de Baba Amr à Homs qui a coûté la vie à la journaliste américaine Marie Colvin et au photographe français Rémi Ochlik.
Ce quartier était devenu le bastion des rebelles syriens avant de tomber aux mains de l’armée gouvernementale syrienne jeudi. Pilonné sans relâche par le régime pendant plus de 25 jours, il a été pris après ce que l’Armée syrienne libre (ASL), composée d’opposants et de soldats qui ont déserté l’armée régulière, a présenté comme un « repli tactique ».
Echec de la première tentative de quitter Homs
Edith Bouvier, qui travaillait pour le Figaro, et William Daniels, un freelance qui avait décidé de rester à ses côtés, avaient échoué dans une première tentative de quitter Homs avec le photographe britannique Paul Conroy, lui aussi blessé le 22 février.
Lors de l’opération organisée le 28 février par les rebelles syriens aidés d’activistes de l’organisation Avaaz, Paul Conroy était parvenu à s’échapper et à gagner le Liban voisin, distant d’une trentaine de kilomètres. Mais plusieurs membres de son escorte avaient trouvé la mort dans un bombardement de l’armée syrienne. Edith Bouvier et Williams Daniels avaient eux été contraints de rebrousser chemin et de retourner dans la ville assiégée.
Une autre tentative menée par l’Armée syrienne libre a été couronnée de succès jeudi malgré le fait que les troupes du régime syrien entraient au même moment dans Baba Amr, et que l’ASL a déploré des morts dans ses rangs au cours de cette évacuation.
d’après afp