Scrutins-tests à travers l’Europe

Rédaction en ligne

dimanche 06 mai 2012, 12:32

Il n’y a pas qu’en France que l’on vote. La Grèce, l’Allemagne, l’Italie ou encore la Grande-Bretagne font face à des scrutins nationaux, régionaux ou locaux qui auront valeur de tests face à une austérité généralisée. Le tour d’Europe

Scrutins-tests à travers l’Europe

© AP

Grèce : un scrutin crucial pour le redressement du pays

Les Grecs ont commencé à voter dimanche pour renouveler leur parlement dans un scrutin suivi dans toute l’Europe, qui devrait donner un signal sur la capacité du pays à poursuivre ses efforts de redressement et à se maintenir dans l’euro.

L’actuel Premier ministre, Lucas Papademos est favori du scrutin face à son rival socialiste Evangélos Vénizélos, il n’est toutefois crédité que d’environ 25 % des voix, contre 33,4 % en 2009, ce qui obligerait le pays à se trouver un gouvernement de coalition.

L’option la plus probable retenue jusque là est celle d’une alliance entre la Nouvelle-Démocratie de Samaras et du Pasok de Vénizélos, déjà unis depuis novembre au sein d’un exécutif de crise, qui a remis le pays sur la voie du redressement.

La capacité du pays à poursuivre ses efforts de redressement, qui conditionnent son maintien sous perfusion financière par l’UE et le FMI, dont il dépend même pour payer salaires et retraites dans la fonction publique, dépendra du coup de l’ampleur du ralliement au bloc du « non », un assemblage hétéroclite allant de l’extrême droite à l’extrême gauche, dont le programme de rejet de l’austérité a dominé la campagne.

Allemagne : en Schleswig-Holstein, encore un scrutin-test pour la coalition Merkel

Les électeurs allemands du Schleswig-Holstein (nord) se rendent aux urnes dimanche pour la deuxième de trois élections régionales aux allures de test pour la coalition conservateurs-libéraux d’Angela Merkel, à 16 mois des législatives.

Ce scrutin, qui a lieu le même jour que le second tour de la présidentielle en France et des législatives en Grèce, devrait peu affecter directement la chancelière, qui jouit d’une popularité certaine dans son pays grâce à son action pour sauver l’euro.

Il intervient une semaine avant un vote jugé nettement plus crucial, celui de Rhénanie du Nord Westphalie (ouest), Etat régional le plus peuplé et le plus industrialisé d’Allemagne, avec le bassin de la Ruhr.

Principal suspense de cette élection dans ce Land rural, pauvre et à faible densité de population, le résultat des Libéraux du FDP, petit partenaire gouvernemental de Merkel, dont le poids politique ne cesse de faiblir depuis les législatives de 2009 et qui gouvernait avec la CDU dans ce Land.

« S’ils ne passent pas le seuil des 5 % des suffrages pour rester au parlement régional de Kiel, cela risque d’être de mauvais augure pour le scrutin de Rhénanie du Nord Westphalie où ils pourraient subir un nouveau revers et se retrouver ensuite dans une grave crise de gouvernance », estime Carsten Kochschmieder, politologue de l’Université libre de Berlin.

Un tel effondrement pourrait contraindre le ministre de l’Economie Philipp Rösler, à abandonner à la direction du FDP.

Italie : des élections municipales parlantes à l’ère de l’après-Berlusconi

Des millions d’Italiens ont commencé dimanche à voter pour renouveler leurs maires et leurs conseillers communaux, dans une élection partielle et locale qui donnera cependant des signaux sur l’humeur du pays près de six mois après le début de l’ère Monti.

Près de dix millions d’Italiens étaient appelés aux urnes, lors de ce scrutin qui doit se prolonger jusqu’à lundi. 2.810 candidats leur étaient proposés pour devenir (ou continuer à être) maires dans 1.024 municipalités, dont 26 chefs-lieux de province.

Elles sont un test pour tous les partis, particulièrement dans le nord pour le mouvement populiste de la Ligue, passée dans l’opposition et très implantée dans certaines régions. Certains de ses dirigeants qui avaient fait de la lutte contre « Rome la voleuse » leur slogan sont accusés d’avoir utilisé à des fins personnelles des financements publics destinés au parti.

GB : Cameron sous pression après la « raclée » de sa coalition aux municipales

Le Premier ministre conservateur, David Cameron, se retrouvait samedi sous forte pression après la « raclée » subie selon la presse par son gouvernement aux municipales, où le bouillonnant Boris Johnson, réélu de justesse à la mairie de Londres fait figure de rescapé.

L’opposition travailliste a pris le contrôle de 32 conseils municipaux supplémentaires et décroché plus de 800 sièges, notamment dans le sud, traditionnel bastion conservateur, tandis que les tories ont perdu 12 conseils et plus de 400 postes.

Le Premier ministre a même eu la désagréable déconvenue de voir son parti perdre des sièges dans la circonscription de Witney (sud) dont il est député.

Et plus loin...

Serbie : les Serbes votent pour un nouveau président

Les Serbes votaient dimanche aux élections présidentielle, législatives et locales marquées par le duel entre le camp pro-européen du président sortant, Boris Tadic, et les nationalistes populistes de Tomislav Nikolic, avec en toile de fond une économie en crise.

Plus de 6,7 millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour décider lequel des deux hommes a réussi à les convaincre de sa capacité de sortir le pays du marasme économique.

Selon les derniers sondages, le Parti démocratique (DS) de Boris Tadic, 54 ans, et le Parti serbe du progrès (SNS, opposition) du conservateur populiste Tomislav Nikolic, 60 ans, sont à égalité avec environ 30% des intentions de vote chacun pour les législatives.

Les deux hommes s’affronteront ensuite au deuxième tour de la présidentielle le 20 mai, pour lequel Tadic part favori. Pour la première fois depuis l’éclatement de la Yougoslavie au début des années 1990, les enjeux économiques ont dominé les débats, preuve de la préoccupation générale dans un pays où l’économie devait stagner en 2012 et confronté à un chômage record de 24%.

P.VA. avec AFP