La Grèce doit se trouver une coalition

PATRICIA LABAR

mardi 08 mai 2012, 09:19

La Grèce doit former une coalition avec des partis hostiles à l'austérité alors que la crise de la zone euro menace.

Une période d'instabilité politique s'est ouverte en Grèce au lendemain de législatives marquées par la percée des extrêmes et l'effondrement des grands partis, sanctionnés pour avoir accepté la douloureuse austérité imposée au pays en échange de l'aide internationale. Il n'a fallu que quelques heures de consultations pour que le chef des conservateurs Antonis Samaras renonce lundi à former un gouvernement de coalition.

Encore deux chances de trouver une coalition

La tâche revient donc à la Coalition de la gauche radicale (Syriza), arrivée en deuxième position dimanche, derrière Nouvelle démocratie d'essayer de former un gouvernement.

Cette formation, qui veut annuler les accords passés avec l'union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI), dispose de trois jours pour parvenir à un accord de coalition. En cas d'échec des pourparlers, les socialistes du PASOK, troisième, prendraient le relais.

Pourquoi une coalition est-elle difficile ?

On s'attendait que le Pasok (gauche) et Nouvelle démocratie (droite) soient durement sanctionnés par les électeurs mais l'espoir restait qu'ils obtiennent, ensemble, la majorité absolue, permettant la reconduction d'une coalition soutenant les mesures d'austérité imposées par l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI), en échange des prêts sans lesquels Athènes serait en cessation de paiement. Ce qui n'a pas été le cas dimanche lors des élections.

Un troisième partenaire est donc nécessaire pour former une coalition. Et il faut choisir parmi cinq partis qui se sont opposés au « mémorandum » avec l'UE et le FMI. La tâche s'annonce donc difficile.

Un retour aux urnes mi-juin ?

Sans accord de coalition, la Grèce pourrait s'acheminer vers de nouvelles élections à la mi-juin mais c'est à cette période qu'Athènes est censée présenter le détail de nouvelles mesures d'économie de 14,5 milliards d'euros pour 2013-2014.

En juin, la Grèce attend aussi le versement d'environ 30 milliards d'euros de nouveaux prêts. Mais le pays reste placé sous la surveillance constante de ses partenaires de la zone euro, du FMI et de la Banque centrale européenne (BCE), qui s'assurent de la mise en œuvre des mesures promises.

Car en échange de ces prêts, nécessaires pour éviter un défaut de paiement, Athènes a dû engager des mesures d'austérité extrêmement dures qui laminent l'économie du pays. La Grèce est entrée dans sa cinquième année de récession et a vu flamber le chômage qui frappe aujourd'hui 21,8 % de sa population active.

La Grèce exclue de la zone Euro ?

Si le blocage devait persister, l'Union européenne pourrait se trouver, à plus ou moins brève échéance, au pied du mur, face à un choix que tout le monde redoute : accepter d'assouplir les conditions imposées ou cesser de soutenir la Grèce – ce qui reviendrait de facto à l'exclure de la zone euro.

Sur les marchés financiers, les prochains jours et les prochaines semaines promettent dès lors d'être agités. À l'image de la journée d'hier, au terme de laquelle les bourses européennes (à l'exception d'Athènes), ont finalement clôturé en hausse.

(avec AFP)