Grèce : « Toute décision engageant l’avenir suspendue »

Rédaction en ligne

mercredi 16 mai 2012, 23:05

La Grèce retournera aux urnes le 17 juin en attendant le président du conseil d’Etat a été nommé premier ministre intérimaire. Toutes les procédures de privatisations ont été gelées en attendant un deuxième scrutin.

Grèce : « Toute décision engageant l’avenir suspendue »

© AFP

Le président du Conseil d’Etat grec, Panayotis Pikramenos, 67 ans, a prêté serment mercredi soir comme Premier ministre intérimaire chargé de gérer les affaires courantes et de préparer les nouvelles élections du 17 juin, a montré la télévision publique Net. Pikramenos devrait nommer son gouvernement dans la foulée, le nouveau parlement issu des élections législatives du 6 mai devant se réunir jeudi pour la première fois.

Le choix de Pikramenos pour diriger la Grèce pendant un mois s’est fait par défaut, comme le prévoit la constitution, faute pour les partis d’avoir réussi à s’entendre après dix jours de tractations sur un gouvernement de coalition après les élections législatives du 6 mai, qui ont tourné au vote-sanction contre la rigueur et d’où aucune majorité n’avait émergé.

Le retour du pays aux urnes, pour lesquelles la gauche radicale anti-rigueur du mouvement Syriza part largement favorite, a ranimé les inquiétudes sur l’avenir de la zone euro et accentué la menace récurrente de la sortie du pays de la monnaie unique, s’il devait au final renier ses engagements d’ajustement budgétaire et de réformes structurelles.

Gel des procédures de privatisations dans l’attente des élections

L’Agence grecque des privatisations a annoncé mardi suspendre « toute décision engageant l’avenir » jusqu’à la formation d’un gouvernement issu des prochaines élections du 17 juin, tout en signalant l’opposition à ce gel des responsables de l’UE.

Le conseil d’administration de l’organisme a pris cette décision « à la majorité (…) en dépit des efforts de son président de trouver un moyen de ne pas suspendre la prise de décision pour les appels d’offres, des actions purement préparatoires », a indiqué dans un communiqué le Fonds d’exploitation du patrimoine de l’Etat, qui pilote les privatisations grecques.

Intitulé Fonds d’exploitation du patrimoine privé de l’Etat, cette agence, établie à la demande des bailleurs de fonds du pays, UE et FMI, était jusqu’à présent chargée de piloter un programme de cessions d’actifs publics d’un montant de 19,5 milliards d’ici fin 2015 pour aider à extraire la Grèce de la crise.

« Les observateurs désignés par l’Union Européenne et l’Eurozone ont exprimé leur inquiétude sur la décision du Conseil », conclut le communiqué.

Faute d’avoir réussi à s’entendre sur une coalition, après les législatives du 6 mai qui ont tourné au vote-sanction contre la cure de redressement dictée par l’UE et le FMI et privé le pays de majorité gouvernementale, les partis grecs ont décidé mardi de la tenue de nouvelles élections, fixées au 17 juin.

Dans l’intervalle, le vide politique ne doit être que partiellement comblé par un gouvernement « de service » dirigé par un haut-magistrat et dont le seul mandat est l’organisation du scrutin.

(P.VA. avec AFP)