Hollande : « La situation de la Grèce doit être au menu du G8 »
Rédaction en ligne
vendredi 18 mai 2012, 22:38
Lors de leur première rencontre le président français et son homologue américain se sont accordé sur « la nécessité de soutenir la croissance ». Hollande a affirmé partager « la conviction que la Grèce doit rester dans la zone euro ».
© AP
La situation politique et financière de la Grèce sera « nécessairement » au menu du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement des pays du G8 qui s’ouvre vendredi soir à Camp David (Etats-Unis), a estimé le président français François Hollande.
« Il y aura nécessairement une réunion là-dessus », a répondu Hollande lors d’une conférence de presse à Washington, interrogé sur une rencontre des membres européens du G8 (Allemagne, Grande-Bretagne, France, Italie).
« Ce sera le même esprit (que sa rencontre dans la matinée avec le président Barack Obama, ndlr), c’est-à-dire d’affirmer notre volonté et d’envoyer tous les signaux pour encourager cette position, cette décision, cette volonté de garder la Grèce dans la zone euro », a-t-il ajouté.
« Nous avons Mme (la chancelière allemande Angela) Merkel et moi-même affirmé notre souhait que la Grèce soit toujours dans la zone euro et nous devrons tout faire pour permettre que l’Europe envoie des signaux vers la Grèce pour lui dire l’importance que nous attachons à sa participation à la zone euro », a poursuivi François Hollande.
« Je pense traduire la pensée du président américain pour dire que nous, collectivement, et nous le réaffirmerons au G8, en tout cas je le ferai, nous devons tout faire pour que les Grecs puissent rester dans la zone euro et pour que nous puissions leur apporter, en matière de croissance, d’activité d’investissement, le soutien indispensable », a-t-il insisté.
Un G8 dominé par la crise de la dette
La crise de la dette domine le G8 ce vendredi et samedi aux Etats-Unis, où le président Barack Obama et son homologue français François Hollande ont plaidé en faveur de la croissance pour compenser les mesures d’austérité. « Sur la croissance, le président Obama a pu marquer une convergence » de vues avec la France, a déclaré Hollande à l’issue de son premier entretien à la Maison Blanche avec Obama, dès son arrivée sur le sol américain vendredi.
Barack Obama a assuré de son côté à son hôte que le sommet du G8, qui s’ouvre dans la soirée dans sa résidence de campagne de Camp David (Maryland, est), évoquerait « des mesures énergiques pour la croissance » afin de compenser l’impact de l’austérité imposée pour redresser les comptes publics.
Au moment où le blocage politique en Grèce fait craindre un retour de la Grèce à la drachme, Hollande a par ailleurs souligné que lui et son hôte avaient « la même conviction que la Grèce doit rester dans la zone euro ».
Le président français, tout comme le nouveau chef du gouvernement italien Mario Monti qui sera lui aussi présent lors de ce sommet des huit pays les plus industrialisés, souhaite orienter la politique économique de son pays vers davantage de croissance, à rebours de la rigueur professée par la chancelière allemande Angela Merkel.
« Un impératif de l’emploi et de la croissance en Europe »
Washington, tout en se défendant d’interventionnisme, a multiplié ces derniers jours les déclarations favorables vis-à-vis de « l’évolution des discussions et du débat en Europe sur l’impératif de l’emploi et de la croissance », selon l’expression jeudi du conseiller de sécurité nationale de Obama, Tom Donilon. Donilon a souligné que la responsabilité de résoudre la crise restait celle des dirigeants européens, qui doivent se réunir en sommet le 23 mai.
Mais il a aussi expliqué que « l’enjeu des résultats de ces discussions est très important pour les Etats-Unis. L’Union européenne dans son ensemble, évidemment, est le plus important partenaire commercial des Etats-Unis ».
Candidat à sa réélection le 6 novembre, le président Obama surveille de près la situation en Europe, de nature à provoquer des « vents contraires » pour une économie américaine.
Donilon a assuré jeudi que Obama n’avait pas l’intention d’exploiter les différences d’approche notamment entre Hollande et Merkel. « La nature de ces conversations sera consacrée au but commun de gérer la crise actuelle au mieux, et de se placer sur le chemin d’une reprise durable », a-t-il affirmé.
Le sommet de Camp David, au coeur de montagnes boisées à 100 km au nord-ouest de Washington, démarrera par un dîner de travail consacré en particulier au dossier nucléaire iranien, avant la reprise des discussions de la république islamique avec le « groupe des six » à Bagdad.
Les dirigeants des pays membres du G8, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, le Canada, l’Italie, la France, l’Allemagne, le Japon et la Russie, devraient aussi évoquer les dossiers brûlants sur la scène internationale, en particulier le programme nucléaire de la Corée du Nord et la répression sanglante en Syrie.
Ce sommet est toutefois marqué par une absence, celle du président russe Vladimir Poutine qui a délégué son prédécesseur et Premier ministre, Dmitri Medvedev. Moscou, avec Pékin, a bloqué l’adoption de résolutions contre le régime de Bachar al-Assad au Conseil de sécurité de l’ONU.
(P.VA. avec AFP)