Tsipras réaffirme la souveraineté de la Grèce face à Merkel

Rédaction en ligne

lundi 21 mai 2012, 19:32

Le dirigeant de la gauche radicale grecque, Alexis Tsipras, a réaffirmé qu'il n'accepterait pas l'ingérence de l'Europe pour négocier un nouveau plan d'austérité.

Tsipras réaffirme la souveraineté de la Grèce face à Merkel

© AP

A deux jours du sommet européen de Bruxelles, le dirigeant de la gauche radicale grecque, Alexis Tsipras, a averti lundi à Paris les leaders européens, à commencer par Angela Merkel, qu'il n'accepterait pas d'ingérence pour négocier un nouveau plan d'austérité et pas davantage un référendum.

Le leader de Syriza, qui est crédité de 21 à 28 % des voix pour le scrutin du 17 juin prochain, à ce titre possible chef de gouvernement en cas de victoire, a réaffirmé que son objectif était d' « arriver à la fin du memorandum », ce plan d'austérité pour la Grèce négocié par les précédents gouvernements avec la troïka (UE, FMI et BCE).

« Il n'y a rien à négocier dans le memorandum car on ne négocie pas avec l'enfer », a déclaré Alexis Tsipras au cours d'une conférence de presse tenue avec les deux leaders du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent, à l'Assemblée nationale.

Réfutant les thèses des dirigeants européens, il a réaffirmé que le maintien dans l'eurozone de la Grèce ne pouvait pas être subordonné au mémorandum.

De même a-t-il tenu des propos très vifs à l'égard de la chancelière allemande Angela Merkel, à la veille de sa rencontre à Berlin avec Die Linke : « Mme Merkel doit comprendre qu'elle est un partenaire à égalité avec les autres au sein d'une eurozone qui ne connaît ni locataire, ni propriétaire ».

« La Grèce est un Etat souverain (…) ce n'est pas à Mme Merkel de décider si nous allons avancer vers un référendum ou non », a ajouté le jeune leader de Syriza, 37 ans, en réponse à une question.

Berlin dément l'intention d'organiser un référendum

Quelques heures plus tôt, Berlin avait démenti souhaiter l'organisation d'un référendum sur l'euro en Grèce.

« Ce qui se passe en Grèce depuis deux ans est une sorte de suicide dirigé du peuple grec. Ce qui est appliqué n'est pas un simple programme d'austérité, il s'agit d'une expérimentation européenne de solution néo-libérale de choc (…) Si cette expérimentation continue, elle sera exportée dans les autres pays européens », a poursuivi le député grec.

Alors qu'il n'a été reçu par aucun responsable français, M. Tsipras, dont les propos étaient traduits, a paraphrasé le discours du président François Hollande : « Il est difficile d'affronter notre ennemi qui n'a pas de visage, pas de programme, pas de parti politique et pourtant c'est lui qui nous gouverne ».

M. Hollande avait déclaré pendant sa campagne : « Il n'a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu et pourtant il gouverne : cet adversaire, c'est le monde de la finance ».

Candidat du Front de gauche à l'Elysée (11 %), Jean-Luc Mélenchon a surenchéri : « La chaîne des résignations et des servitudes qui liaient les peuples au traité de Lisbonne est en train de rompre en Grèce ». Il a souligné qu'il était « peu probable que des menaces venues de l'extérieur dissuadent les Grecs de confier à Syriza le gouvernement de leur pays ».

« Il est vain de dire qu'on expulserait la Grèce (ndlr : de la zone euro). Ces mesures pourraient surtout être contre performantes car 60 % des titres de la dette grecque sont dans des caisses publiques et le reste dans 5 banques, dont 3 françaises », a ajouté M. Mélenchon.

Selon lui, il n'existe aucune disposition dans le traité de Lisbonne « permett(ant) aux pays de la zone euro de chasser un autre pays de la dite zone ».

(AFP)