« Un jour merveilleux pour l'Egypte »

Rédaction en ligne

mercredi 23 mai 2012, 10:50

Les Egyptiens se rendent aux urnes pour élire le successeur de Hosni Moubarak lors d'un scrutin historique dont le résultat, pour la première fois, n'est pas connu d'avance.

« Un jour merveilleux pour l'Egypte »

AP Photo/Maya Alleruzzo

Les Egyptiens ont commencé à voter mercredi pour choisir un successeur au président déchu Hosni Moubarak, un scrutin historique qui oppose des candidats islamistes ou laïques aux visions profondément différentes pour l'avenir du plus peuplé des pays arabes.

Le reportage de notre envoyé spécial

Lisez le reportage au Caire de notre envoyé spécial Baudouin Loos dans Le Soir en PDF

Les cinq candidats. Portrait dans Le Soir en PDF

De longues files d'attente se sont formées avant même l'ouverture des 13.000 bureaux de vote du pays placés sous la protection d'un important dispositif policier et militaire.

Plus de 50 millions d'électeurs sont appelés à choisir entre 12 candidats - islamistes, laïcs, de gauche ou libéraux, partisans de la “révolution” ou anciens responsables du régime Moubarak-, quinze mois après après la chute du raïs.

C'est un jour merveilleux pour l'Egypte. Si seulement ma mère et ma grand-mère étaient là pour voir ce jour et voter avec moi...”, déclarait Nehmedo Abdel Hadi, 46 ans, qui votait dans une école du nord-est du Caire.

Quel que que soit le résultat, nous l'accepterons”, assurait cette femme portant le voile intégral ne laissant voir que les yeux, le niqab. “Ne laissez personne vous dire pour qui voter”, a lancé le président du bureau aux votants qui patientaient dans une ambiance bon enfant.

Rania, une jeune égyptienne en vêtement de sport, dont la queue de cheval dépasse d'une casquette de baseball, assure éprouver “un agréable sentiment de différence”, car “c'est la première fois dans l'histoire de l'Egypte que nous choisissons vraiment notre président”.

Le vote pour le premier tour se poursuivra jeudi. Un second tour est prévu les 16 et 17 juin si aucun candidat ne remporte la majorité absolue au premier.

Le résultat reste très incertain, en raison du grand nombre d'indécis et de la liberté de choix inédite qui s'offre aux électeurs après des décennies d'élections jouées d'avance.

Deux types de vote sont en concurrence: le vote islamiste et le vote pour la stabilité”, a affirmé à l'AFP Hicham Kassem, un commentateur politique en vue. “Toutes les combinaisons sont possibles pour le second tour. Les résultats sont largement imprévisibles”, ajoute-t-il.

Les principaux candidats

Les principaux prétendants sont le candidat des Frères musulmans Mohammed Morsi, l'islamiste indépendant Abdel Moneim Aboul Foutouh, le dernier Premier ministre de M. Moubarak Ahmad Chafiq, l'ex-ministre des Affaires étrangères et ancien patron de la Ligue arabe Amr Moussa et le nationaliste arabe Hamdeen Sabbahi.

MM. Moussa et Chafiq pourraient compter sur le vote de ceux qui, après quinze mois d'une transition mouvementée, “sont fatigués de la situation et veulent un retour à la normale”, estime Hesham Kassem.

Les islamistes comptent sur le succès déjà remporté aux récentes législatives. Les Frères musulmans, première force politique du pays, ont jeté dans la bataille leur puissant réseau militant.

M. Sabbahi joue sur la nostalgie toujours vivace en Egypte du charismatique président Nasser.

Le Conseil militaire au pouvoir depuis la chute de Hosni Moubarak a appelé à voter en masse, promettant un scrutin “100% transparent” et mettant en garde contre toute “violation” des règles électorales.

Ce Conseil, très critiqué pour sa gestion de la période de transition émaillée de protestations et de violences, s'est engagé à remettre le pouvoir au nouveau président avant la fin juin.

De nombreux analystes estiment toutefois que l'armée, épine dorsale du système depuis la chute de la monarchie en 1952 et qui détient un patrimoine économique considérable, restera dans les faits un acteur important.

(D'après AFP)