La Grèce sommée de respecter ses engagements

Rédaction en ligne

jeudi 24 mai 2012, 09:02

L'Union européenne veut que la Grèce reste dans l'euro et respecte ses engagements à l'issue des élections de juin, selon une déclaration publiée à l'issue d'un sommet informel à Bruxelles.

Les dirigeants des 27 Etats membres ont adopté dans la nuit de mercredi à jeudi à Bruxelles un « texte » commun sur la crise grecque, a annoncé le président français. « Nous voulons que la Grèce reste dans la zone euro et respecte ses engagements », a déclaré le président de l'UE Herman Van Rompuy en lisant ce texte. La chancelière allemande Angela Merkel a fait du respect des engagements, notamment la réduction des déficits et les réformes structurelles, un « préalable » au maintien d'Athènes dans la monnaie unique.

Hollande a regagné Paris en voiture

François Hollande a regagné Paris en voiture dans la nuit de mercredi à jeudi à l'issue d'un sommet européen informel. Le président a quitté Bruxelles vers 02h30 du matin après avoir donné une longue conférence de presse. A vitesse normale, en respectant les limitations de vitesses, il devait arriver à Paris 3 heures et demie plus tard, soit vers 06h00.

François Hollande avait surpris en décidant mercredi de venir à Bruxelles en train. Il avait embarqué dans l'aventure le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy, qui avait fait escale à Paris pour le rencontrer afin d'accorder leurs positions pour le sommet. Mariano Rajoy, qui a visiblement apprécié le voyage, a publié des photographies sur son compte Twitter.

Herman Van Rompuy a rappelé à la fois « les efforts importants faits par les citoyens grecs » et « la solidarité considérable » de la zone euro, qui a « déboursé, avec le FMI, près de 150 milliards d'euros pour soutenir la Grèce depuis 2010 ». « Poursuivre les réformes cruciales pour revenir à une dette soutenable, encourager les investissements privés et renforcer les institutions (de la Grèce) sont les meilleures garanties d'un avenir meilleur au sein de la zone euro ». « Nous espérons qu'après les élections, le nouveau gouvernement grec fera ce choix », a conclu M. Van Rompuy.

« Nous respectons le processus démocratique en Grèce », a ajouté de son côté le président de la Commission européenne José Manuel Barroso. « Laissons les Grecs s'exprimer le 17 juin » lors des élections législatives, a-t-il exhorté. « Mais il est également important de noter qu'aujourd'hui, le Conseil européen a envoyé un message clair à la Grèce : nous voulons qu'elle reste dans la zone euro, nous la soutenons, et nous attendons évidemment de la Grèce qu'elle respecte ses engagements », a-t-il dit.

Merkel : discussion « équilibrée » sur les euro-obligations

Selon la déclaration, « des financements et des instruments sont mobilisés pour ramener la Grèce sur le chemin de la croissance et de la création d'emploi ».

« Il y a eu un débat varié au sujet des euro-obligations, mais très équilibré et avec différents points de vues », a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel. « Plusieurs participants » ont exprimé des doutes sur l'efficacité de taux d'intérêts unifiés au niveau de la zone euro, a-t-elle jugé.

Le président français François Hollande a demandé pour sa part que la « perspective » des euro-obligations soit « inscrite » au menu de l'Union européenne en vue du sommet de fin juin, comme une « étape supplémentaire de l'intégration » européenne. Il a expliqué avoir « une autre conception » que la chancelière allemande Angela Merkel, qui « ne considère pas les eurobonds comme un élément de croissance mais comme une perspective lointaine d'intégration ».

Lors de son point-presse, qu'elle avait d'emblée souhaité garder très bref en arguant qu'aucune décision formelle n'avait été prise, la chancelière allemande n'a accepté que deux questions et n'est pas revenue sur cette proposition de M. Hollande. La réunion a permis d'établir le « calendrier de travail » d'ici au prochain sommet de fin juin, a souligné Mme Merkel.

(afp)