Syrie : Reynders réclame des poursuites contre les auteurs du massacre de Houla

Rédaction en ligne

dimanche 27 mai 2012, 17:11

La communauté internationale, outrée par le massacre de Houla (centre de la Syrie), qui a fait une centaine de morts dont plus de 32 enfants, veut intensifier la pression sur le régime syrien.

Syrie : Reynders réclame des poursuites contre les auteurs du massacre de Houla

© Belga

La Belgique, par l’intermédiaire du ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, a rejoint la communauté internationale en réclamant que les auteurs du massacre de Houla (centre de la Syrie) soient identifiés et « traduits en justice » pour rendre compte de leurs actes, tout en imputant la responsabilité au régime du président Bachar al-Assad. « La Belgique condamne les actes de barbarie commis par le régime syrien, et pas seulement ce week-end », a-t-il affirmé. Revenant sur le massacre de Houla, le chef de la diplomatie belge a néanmoins rappelé que la Cour pénale internationale (CPI) n’est en principe pas compétente pour la Syrie – qui n’a pas ratifié le Statut de Rome créant ce tribunal. « Sous une forme ou sous une autre, les auteurs du massacre devront en rendre compte », a-t-il prévenu, en appelant à une nouvelle initiative du Conseil de sécurité de l’ONU. Ce dernier a en effet le pouvoir, en cas d’accord en son sein, de saisir le procureur de la CPI – jusqu’à fin juin l’Argentin Luis Moreno-Ocampo, puis la Gambienne Fatou Bensouda – en vertu du chapitre VII de la charte des Nations unies. Le ministre Reynders a ainsi appelé la Russie à « bouger davantage pour faire cesser la violence en Syrie ».

La Russie, principal soutien jusqu’à présent du régime syrien, a mis son veto à deux reprises à des résolutions du Conseil de sécurité qui condamnaient la répression sanglante en cours depuis plus d’un an en Syrie d’un mouvement de contestation. Ces violences ont fait plus de 13.000 morts, en majorité des civils, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme.

Appel au peuple syrien

Le chef démissionnaire du Conseil national syrien, Burhan Ghalioun, a appelé quant à lui le peuple syrien au combat si la communauté internationale ne décide pas d’intervenir « sous le Chapitre VII » de la Charte de l’ONU, permettant notamment l’usage de la force. « J’appelle le peuple syrien à mener la bataille de la libération et de la dignité en comptant sur ses propres forces, sur les rebelles déployés à travers le pays et sur les brigades de l’Armée syrienne libre » au cas où la communauté internationale n’assumerait pas ses responsabilités.

Damas nie toute responsabilité

Le massacre de Houla a fait une centaine de morts dont plus de 32 enfants. Damas a nié toute responsabilité dans ce massacre, l’attribuant à des terroristes alors que l’opposition syrienne l’attribue à des bombardements des forces gouvernementales. « Nous réfutons totalement toute responsabilité gouvernementale dans ce massacre terroriste qui a visé les habitants », a déclaré le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères, Jihad Makdissi. M. Makdissi a indiqué que les autorités syriennes allaient mettre sur pied une commission d’enquête pour faire la lumière sur le massacre, qui a suscité une vague de condamnations internationales.

JPM avec Belga et AFP