L'ONU à nouveau divisée sur la Syrie

Rédaction en ligne

lundi 28 mai 2012, 11:57

Vingt-quatre heures après avoir adopté une déclaration accusant le régime syrien d'être responsable du massacre à Houla, Moscou estime aujourd'hui que « les deux parties » sont impliquées. Le point sur la situation dans le 11h02 de mardi avec Baudoin Loos.

L'ONU à nouveau divisée sur la Syrie

Les ministres des Affaires étrangères britannique et russe William Hague et Sergueï Lavrov ©AP

Dans une déclaration commune, les 15 membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont dimanche accusé le régime syrien d'être responsables du massacre de Houla qui a fait 108 morts dont une trentaine d'enfants. Le texte dénonce « une série de bombardements par les tanks et l'artillerie gouvernementale contre un quartier résidentiel (…) Cet usage scandaleux de la force contre la population civile viole les lois internationales et les engagements du gouvernement syrien » et « exige » que Damas « cesse immédiatement d'utiliser des armes lourdes » dans les villes syriennes rebelles et qu'il « retire immédiatement ses troupes et ses armes lourdes » de ces villes pour les cantonner dans leurs casernes, conformément au plan de paix du médiateur Kofi Annan.

C'est la première fois que le Conseil de sécurité se met d'accord pour accuser directement le régime de Bachar al-Assad.

Lundi, cette belle unité semble déjà se fissurer. La Russie estime en effet aujourd'hui par la voix de son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov que « les deux parties », armée syrienne régulière et opposition, sont impliquées dans le massacre de Houla.

Cette affirmation a eu lieu juste après un entretien avec le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, qui rencontrait son homologue russe dans le but d'avoir le soutien de Moscou pour faire pression sur le régime d'al-Assad. Sans succès.

Une première déclaration refusée par Moscou

Le Royaume-Uni et la France avaient initialement proposé une déclaration encore plus ferme que celle adoptée, mais la Russie avait bloqué l'adoption du texte, mettant en doute la responsabilité des forces syriennes et demandant que le général Mood s'exprime d'abord devant le Conseil. Aujourd'hui, Moscou demande à la communauté internationale de « jouer le même jeu, un jeu visant à la mise en oeuvre du plan Annan, pas le changement de régime ». M. Lavrov estime également que la partie la plus radicale de l'opposition armée était incitée à poursuivre les affrontements.

La Chine, qui avait elle aussi, posé son veto à une intervention en Syrie, à quant à elle demandé une « enquête immédiate » sur le massacre de Houla, tout en se gardant d'en rendre responsable le gouvernement syrien comme l'a fait le Conseil de sécurité.

Clairement, les divisions sur la question syrienne au sein du Conseil de sécurité de l'ONU sont loin d'être effacées.

DZ avec BELGA et AFP

Entretien avec Iyas Maleh, directeur de la Fondation Haitham Maleh qui défend les défenseurs syriens des droits de l'homme