Plusieurs pays européens expulsent les ambassadeurs syriens

Rédaction en ligne

mardi 29 mai 2012, 17:11

La Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Espagne, la France, l’Italie maintenant les Pays-bas ont coordonné l’expulsion des ambassadeurs de Syrie en réponse au massacre de Houla. La Belgique se prononcera en début de soirée.

Plusieurs pays de l’Union européenne, dont la France, les Pays-Bas, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie et l’Espagne ont décidé de coordonner l’expulsion des ambassadeurs de Syrie en poste dans leur capitale, ont indiqué mardi des sources diplomatiques européennes à l’AFP. L’Australie et le Canada ont également rappelé leurs ambassadeurs. Les Etats-Unis ont décidé mardi d’expulser le chargé d’affaires syrien à Washington.

Le ministère des Affaires étrangères belge n’a pas souhaité se prononcer sur la question. Mais a fait savoir qu’une réunion était en cours sur le sujet et que l’ambassadeur de Syrie en Belgique avait été convoqué. La Belgique devrait se prononcer sur l’expulsion de l’ambassadeur vers 18 heures lors de l’arrivée de l’ambassadeur syrien alors que les Pays-Bas ont dors et déjà décidé de son expulsion d’Amsterdam.

L’ambassadeur de Syrie qui assure depuis Bruxelles la représentation de son pays aux Pays-Bas et en Belgique est « persona non grata » aux Pays-Bas, a annoncé mardi le ministre néerlandais des Affaires étrangères notamment en représailles au massacre de Houla.

L’ambassadeur syrien en Belgique et aux Pays-Bas expulsé d’Amsterdam

« J’ai décidé de déclarer l’ambassadeur persona non grata », a déclaré le ministre néerlandais des Affaires étrangères Uri Rosenthal, cité dans un communiqué, invoquant comme raisons le massacre de Houla (centre) et le non-respect par la Syrie de résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.

« Il ne faut plus collaborer avec un pays qui a à sa tête un tel président », a ajouté Rosenthal, en référence au président syrien Bachar al-Assad. La Haye « ne recevra plus » Mohammad Ayman Jamil Soussan, qui représente son pays à la fois en Belgique et aux Pays-Bas et réside à Bruxelles, a précisé le ministère des Affaires étrangères dans le communiqué.

« L’idée (d’une action coordonnée) est sur la table », a indiqué un diplomate européen à l’AFP, alors que les ambassadeurs des 27 pays de l’UE devaient se réunir dans l’après-midi pour évoquer la situation en Syrie après le massacre de Houla qui a provoqué la mort de quelque 108 personnes, dont 49 enfants.

Une action européenne coordonnée

La Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne sont d’accord sur le principe, et il est possible que la Belgique se joignent au mouvement.

L’Espagne est la dernière à se joindre au mouvement actuellement. Le pays dit expulse l’ambassadeur de Syrie en réponse à la « répression » du régime, raison invoquée par les autres pays européens.

Le ministère italien des Affaires étrangères a annoncé avoir convoqué l’ambassadeur de Syrie à Rome pour le déclarer « persona non grata » et donc l’expulser en réaction aux « violences contre la population civile relevant de la responsabilité du gouvernement syrien ». Cette mesure, « coordonnée avec les autres partenaires européens », a été « étendue à plusieurs fonctionnaires de l’ambassade », a indiqué le ministère dans un communiqué. « Il y avait un plan concerté entre la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne », a confirmé un diplomate européen.

Le président français François Hollande a annoncé mardi que l’ambassadrice de Syrie à Paris, Lamia Chakkour, allait être expulsée mardi ou mercredi en réponse au massacre de Houla.

Le Royaume-Uni a de son côté annoncé l’expulsion du chargé d’affaires syrien à Londres. Et selon l’agence allemande dpa, Berlin va expulser l’ambassadeur de Syrie en Allemagne.

L’opposition salue l’expulsion des ambassadeurs

Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l’opposition, a salué mardi l’expulsion des diplomates syriens par des pays occidentaux pour protester contre la répression en Syrie et notamment le massacre de Houla. « Le CNS apporte son soutient total à de telles mesures » et « appelle la communiqué internationale à rompre tous les liens diplomatiques avec le régime syrien », a indiqué le Conseil dans un communiqué à la suite des expulsions annoncées par plusieurs pays européens ainsi que l’Australie et le Canada.

P.VA. avec AFP