La Belgique prêtera jusqu’à 1 milliard à l’Espagne

Rédaction en ligne

samedi 09 juin 2012, 22:39

Les pays de la zone euro dont la Belgique fait partie sont disposés à prêter jusqu’à 100 milliards d’euros à l’Espagne pour redresser son secteur bancaire.

La Belgique prêtera jusqu’à 1 milliard à l’Espagne

Steven Vanackere, © Belga

« Cet appui financier sera dirigé vers le (fonds public espagnol d’aide au secteur) Frob, et le Frob injectera cet argent dans les banques qui le demandent », a déclaré le ministre de l’Économie espagnol, Luis Guindos, lors d’une conférence de presse, refusant de donner un chiffre pour cette aide.

En échange, il n’y aura aucune condition de réformes économiques « hors du domaine du secteur financier », a-t-il affirmé : « les conditions seront imposées aux banques, et non à la société espagnole ».

« Rien à voir avec un sauvetage »

« Cela n’a rien à voir avec un sauvetage », a insisté le ministre, précisant que l’aide sera dirigée aux « 30 % (des banques) qui ont le plus de difficultés », et identifiées comme telles dans le rapport du FMI publié vendredi soir.

Le rapport du FMI a chiffré les besoins du secteur à au moins 40 milliards d’euros, mais la zone euro s’est dite prête à « répondre favorablement à une demande d’aide » de l’Espagne en faveur de son secteur bancaire et à lui prêter jusqu’à 100 milliards d’euros.

« C’est une somme maximum », a souligné Luis de Guindos, et « très clairement, il y a une marge de sécurité » dans ce chiffre.

Pour formuler une demande précise, Madrid attend, en plus du rapport du FMI, les résultats de l’audit réalisé par les cabinets allemand Roland Berger et américain Oliver Wyman, qui doivent être remis au plus tard le 21 juin au gouvernement.

« Cette annonce est bonne pour l’avenir de la zone euro »

Ils seront connus « dans quelques jours », a indiqué le ministre.

Cette aide sera considérée comme de « la dette publique » espagnole, qui va donc augmenter, et « devra absolument être remboursée », a assuré Luis de Guindos : il s’agit d’« un prêt que nous recevons avec des conditions très favorables, plus favorables que sur le marché », où l’Espagne a vu ses taux d’emprunt grimper ces dernières semaines.

« Cette annonce est bonne pour l’économie espagnole et pour l’avenir de la zone euro », « c’est un signal très positif sur la volonté politique de toute la zone euro », a déclaré le ministre, qui a nié fermement avoir subi la moindre pression de la part de ses partenaires européens : « non, pas du tout, au contraire ».

Grâce à l’aide européenne, « les doutes vont être dissipés et les besoins (des banques) seront couverts », s’est-il réjoui : « ce sont des nouvelles positives ».

Vanackere : « Il s’agit d’un prêt et donc il doit être remboursé »

La participation belge dans l’aide financière européenne destinée à l’Espagne pour redresser son secteur bancaire atteint 4 % du montant, a indiqué le ministre des Finances Steven Vanackere.

Il n’est pas encore déterminé dans quelle mesure ce soutien proviendra du Fonds européen de stabilité financière (FESF) ou du Mécanisme européen de stabilité (MES). Si un quart de l’effort devait être fourni via le FESF, l’impact sur la dette belge serait d’environ 1 milliard d’euros. Le ministre souligne qu’il s’agit d’un prêt et donc qu’il doit être remboursé.

Avec ce prêt, qui peut s’élever jusqu’à 100 milliards d’euros, l’Europe veut donner un signal fort aux marchés. « Nous voulons répondre aux critiques faisant état de la réaction toujours trop tardive de l’Europe. Avec ce montant, nous allons de l’avant », a déclaré le ministre.

« L’Eurogroupe manifeste clairement sa volonté d’aller aussi loin que nécessaire pour rétablir la confiance. » Contrairement à l’aide apportée à la Grèce, à l’Irlande et au Portugal, il ne s’agit plus cette fois d’un soutien à un pays, mais bien au secteur bancaire. « L’Espagne a clairement fait savoir qu’elle résolvait elle-même ses problèmes budgétaires », a ajouté le ministre.

(Belga et AFP)