Grèce : la droite en position de former un gouvernement avec les socialistes
Rédaction en ligne
dimanche 17 juin 2012, 22:11
Le parti de droite grec Nouvelle Démocratie est arrivé en tête des élections législatives et se trouve en position de former un gouvernement de coalition avec le Pasok socialiste.
La Nouvelle Démocratie remporte 29,5 % des voix, ce qui lui assurerait 128 sièges sur les 300 du parlement grec, contre 27,1 % des voix au parti de gauche radicale Syriza (72 sièges). Les socialistes du Pasok arrivent en troisième position avec 12,3 % des voix (33 sièges), selon les résultats basés sur 18 % des dépouillements annoncés par le ministère de l’Intérieur.
Reynders prêt à discuter du calendrier du plan d’austérité
Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, s’est dit prêt dimanche à discuter de délais de mise en oeuvre du plan d’austérité conclu entre Athènes et ses créanciers internationaux, allant dans le même sens que l’Allemagne qui envisage ce type de concessions. Il existe « une marge de dialogue possible sur les délais de mise en oeuvre » du mémorandum conclu entre Athènes et ses créanciers internationaux, estime M. Reynders, qui ne veut pas pour autant donner un « chèque en blanc » à Athènes.
Pour l’ancien ministre belge des Finances, il convient notamment de concentrer sur la Grèce certains aspects du plan européen de relance en préparation, dans le cadre du sommet européen qui se tiendra les 28 et 29 juin à Bruxelles. M. Reynders est également favorable à l’octroi d’un délai à Athènes pour lui permettre de ramener son déficit dans les clous européens, comme l’a proposé la Commission européenne fin mai pour l’Espagne.
AFP
S’estimant vainqueur du scrutin, le chef de la droite Antonis Samaras a appelé, en première réaction publique, tous les partis pro-euro à rallier un « gouvernement d’union nationale » menée par son parti. Avec les socialistes du Pasok, la Nouvelle Démocratie pourrait prétendre à une majorité absolue de 161 sièges, ce qui lui permettrait de passer les réformes nécessaires au maintien de l’aide internationale au pays en faillite, mais le Pasok a réitéré dimanche soir sa demande de ne pas se trouver en tête à tête avec la Nouvelle démocratie. Du coup, le petit parti pro euro de gauche démocratique (Dimar), qui a remporté 6,2 % des voix (17 sièges), va se retrouver au coeur du jeu des alliances.
Ce deuxième scrutin s’est illustré par une nette repolarisation du pays, après l’explosion en direct du vieux bipartisme grec lors du scrutin du 6 mai, qui n’avait pas permis de dégager de majorité et illustré un rejet massif des Grecs vis-à-vis de la rigueur et de sa vieille classe politique, jugée responsable de la faillite du pays.
Deux grenades devant le siège d’une chaîne de télé
La police a annoncé dans l’après-midi avoir découvert une deuxième grenade devant le bâtiment, où elle menait des recherches après la localisation d’un premier engin par un agent de sécurité de la télévision. Selon la même source, les grenades étaient dégoupillées. « La démocratie grecque est forte, elle ne se laisse pas impressionner », a réagi le porte-parole du gouvernement intérimaire sortant, Dimitris Tziodras, jugeant que l’incident visait à « troubler la tenue des élections ».
Usant des mêmes expressions, le porte-parole de la droite grecque, Yannis Mihelakis et le parti de gauche radicale du Syriza ont condamné une action « dirigée contre la démocratie et la liberté d’expression ». L’enquête a été confiée à la brigade antiterroriste, qui devra notamment déterminer s’il y avait eu négligence policière.
A l’aube, un inconnu avait en effet téléphoné à la police en annonçant que deux grenades avaient été déposées devant les locaux de Skaï, mais la patrouille alors dépêchée sur les lieux était revenue bredouille.
La chaîne de télévision Skaï, qui a été évacuée plusieurs heures, fait partie du groupe de presse, marqué à droite, de la famille grecque d’armateurs Alafouzos, qui compte aussi le quotidien libéral de référence Kathimérini.
Les électeurs grecs doivent départager dimanche la droite de la gauche radicale anti-austérité, dans un scrutin polarisé jugé déterminant pour l’avenir du pays dans la zone euro.
AFP