La Grèce a voté pour l’euro

Rédaction en ligne

lundi 18 juin 2012, 08:35

Soulagés par le vote grec, les dirigeants européens ont tendu la main à Athènes pour faciliter la mise en œuvre des réformes et la formation d’un gouvernement de droite pro euro.

La Nouvelle Démocratie (droite) de Antonis Samaras est arrivée en tête des législatives grecques de dimanche mais sans majorité, avec 29,66 % des voix soit 129 sièges au parlement, suivi par la gauche radicale du Syriza et le Pasok socialiste, selon le décompte officiel de 99,84 % des suffrages rendu publics par le ministère de l’Intérieur.

Les dirigeants européens qui ne cachaient pas leur préférence pour le dirigeant de droite Antonis Samaras, ont été rassurés par sa victoire face au leader de la gauche radicale Alexis Tsipras. M. Samaras semblait dimanche soir en mesure de former avec tous les partis pro-euro le gouvernement d’union nationale qu’il appelait de ses voeux.

L’UE prête à accorder de nouveaux délais à la Grèce

Dès les premières estimations des élections législatives grecques connues, Berlin a envoyé le signal d’une inflexion dans sa position traditionnellement intransigeante à l’égard des réformes à mener pour renforcer la compétitivité de l’économie grecque en pleine crise.

« Je peux bien imaginer que nous discutions de nouveau des délais » pour la mise en œuvre du programme de réformes négocié par Athènes avec l’Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international en échange de son sauvetage financier, a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle.

Il a souligné que la Grèce avait connu « une paralysie politique ces dernières semaines en raison des élections ». « Les citoyens normaux ne doivent pas en être les victimes, notamment ceux qui ont déjà dû supporter des coupes drastiques », a estimé M. Westerwelle tout en martelant qu’il n’y aura « aucun chemin en dehors des réformes ».

En Belgique, l’ancien ministre des Finances Didier Reynders a aussi affirmé qu’il existait « une marge de dialogue possible sur les délais de mise en œuvre » du mémorandum conclu entre Athènes et ses créanciers.

« Il faut que les Européens accompagnent les Grecs vers la croissance, il faut de la discipline mais il faut aussi de l’espoir », a renchéri le ministre français des Finances Pierre Moscovici.

Le gouvernement britannique s’est lui dit prêt à travailler avec le prochain cabinet grec, « quel qu’il soit ». « Le Royaume-uni travaillera avec le gouvernement qui sera formé, quel qu’il soit », a déclaré une porte-parole du Foreign Office.

Les marchés asiatiques rassurés

Les marchés asiatiques, premiers à ouvrir lundi, ont salué la victoire de la droite aux élections grecques qui écarte le spectre d’une sortie de la Grèce de la zone euro mais les analystes préviennent des difficultés à venir, pour Athènes et pour l’Europe.

Les principales Bourses d’Asie ont ouvert en nette hausse et l’euro s’est redressé face au dollar.

Vers 02H25 GMT, l’indice Nikkei 225 des valeurs vedettes de la Bourse de Tokyo affichait un gain de 1,76 %. Sydney prenait 1,49 %, Hong Kong 1,64 % et Séoul 2,12 %.

La victoire à l’arraché de la droite pro-euro aux législatives en Grèce dimanche, cruciales pour l’avenir du pays et de la zone euro, semble donc avoir rassuré les marchés, qui attendent cependant la formation d’un gouvernement crédible autour du dirigeant conservateur Antonis Samaras.

(AFP)