Rio+20 : un accord jugé faible par les Européens

Rédaction en ligne

mercredi 20 juin 2012, 17:31

Mardi matin, les négociateurs sont arrivés à un accord jugé peu ambitieux par les Européens et les ONG. Les leaders du monde se dirigent vers Rio où le sommet commence en début d’après-midi.

Rio+20 : un accord jugé faible par les Européens

©AP

La conférence de Rio+20 a fait place nette mardi pour les leaders du monde, en mettant la touche finale à un projet de déclaration qu’ils ratifieront vendredi à l’issue du sommet de l’ONU sur le développement durable mais cet accord était jugé peu ambitieux par les Européens et les ONG.

L’accord est intervenu à l’arraché, après des heures de négociations, d’aller-et-retour, de séances interrompues, de menaces feutrées et de discussions ardues. Il s’agissait de parvenir à un engagement de la communauté internationale en faveur d’un développement conciliant protection de l’environnement et éradication de la pauvreté.

« Un accord peu satisfaisant »

Personne n’était vraiment satisfait, sauf les Brésiliens, chargés de conduire les négociations. Les Européens n’étaient pas enthousiastes : un texte « faible », « décevant », lançait dans un tweet la Commissaire européenne chargée du Climat Connie Hedegaard.

« D’étape en étape de la négociation, on a vu tous les éléments concrets disparaître les uns après les autres. Le résultat, ce sont des dizaines de pages de bonnes intentions et quelques décisions de… continuer à discuter sur certains sujets, comme la mise en place d’Objectifs de développement durable. Au fil des jours, le texte a été progressivement vidé de toute substance. S’il est adopté tel quel, personne ne repartira d’ici avec l’obligation de mettre en œuvre quoi que ce soit ! », explique Nicolas Van Nuffel, responsable du Plaidoyer au CNCD-11.11.11. Pour celui-ci, la Belgique et l’Union Européenne ne peuvent accepter le texte proposé mardi matin.

« L’accord n’atteint pas les ambitions de Wallonie »

Jean-Marc Nollet a réagi hier soir suite à cet accord. Pour lui, celui-ci n’atteint pas les objectifs de la Wallonie. « On peut toutefois souligner quelques petites avancées. Il n’y a pas eu de recul malgré la crise qui bat son plein et le fait que certains voulaient remettre en cause des engagements antérieurs », explique-t-il.

Le ministre qui représente la Wallonie à Rio déplore notamment que l’accord sur la déclaration ne prend pas en compte la création d’une agence mondiale de l’environnement et le manque d’objectifs définis et chiffrés.

« Un autre point positif est la reconnaissance de l’action des collectivités locales en matière de développement durable », ajoute Jean-Marc Nollet.

« Il est temps de poser la question de l’avenir »

Pour Evelyne Huytebroek, « La méthode de négociation multilatérale pose question quant à son efficacité. La pression du résultat coûte que coûte a fonctionné aux dépens d’un accord ambitieux ».

« Tout l’enjeu de l’avenir qu’on veut pour notre Terre et nos sociétés(« the future we want ») reste posé, et on ne pourra pas se permettre de prendre 20 ans de plus pour y arriver. L’Europe, la Belgique, nos villes et régions devront là (re)trouver un leadership et démontrer que le développement durable doit être considéré comme une opportunité de développement et non comme un obstacle », conclut la Ministre.

On notera tout de même quelques absents à cette conférence qui débute dès 13h ce mercredi : le président américain Barack Obama, représenté par la secrétaire d’État Hillary Clinton, le Premier ministre britannique David Cameron, la chancelière allemande Angela Merkel et le président russe Vladimir Poutine.

May (avec AFP et Belga)