« Non, je ne veux pas d'une Egypte islamiste »
Rédaction en ligne
lundi 25 juin 2012, 10:54
La place Tahrir a explosé de joie à l'annonce de la victoire de Mohamed Morsi. Plus discrets, des Egyptiens ont aussi exprimé leur crainte.
Rédaction en ligne
lundi 25 juin 2012, 10:54
Mohamed Morsi, est le premier islamiste à accéder à la tête de l'Egypte. Il est aussi le premier président à être élu démocratiquement. « C'est aujourd'hui le premier jour de la véritable chute du régime », a déclaré un Egyptien à France 24 .
En effet, tous les prédécesseurs de Mohamed Morsi étaient tous issus des rangs de l'armée. Le rival de Mohamed Marsi, Ahmad Chafiq, avait notamment le soutien des réseaux de l'ancien parti de M. Moubarak. Beaucoup de révolutionnaires craignaient donc le retour d'un membre de l'ancien régime.
C'est pouquoi la victoire de Mohamed Morsi a donc été saluée par une explosion de joie place Tahrir au Caire, où des centaines de milliers de personnes se sont rassemblées en scandant notamment « Allah akbar ! » (Dieu est le plus grand).
Les Egyptiens ont voté par défaut, ils avaient le choix entre un islamiste Mohamed Morsi ou un candidat issu du régime Moubarak, Ahmad Chafiq.
Les Egyptiens craignent que leurs libertés soient restreintes, que le président islamiste, Mohamed Morsi, impose la charia, la loi islamique, qui codifie à la fois les aspects publics et privés de la vie d'un musulman.
« Je ne reconnais plus mon pays a confié une jeune Egyptienne » à France 24. « C'est horrible ! L'Égypte aujourd'hui est tombée. Non, je ne veux pas d'une Égypte islamiste. D'ailleurs, j'ai de la famille en Allemagne, je compte partir du pays au plus vite, et revenir quand il y aura une démocratie, » jure une autre Egyptienne.
Fort d'une légitimité acquise dans une élection où les Egyptiens ont pu pour la première fois choisir leur président librement, le chef de l'Etat disposera toutefois d'une marge de manuvre très réduite face au Conseil militaire. Dans une « Déclaration constitutionnelle complémentaire », l'armée a en effet récupéré le pouvoir législatif après la dissolution à la mi-juin de l'Assemblée nationale, contrôlée par les islamistes, en vertu d'un jugement déclarant illégal le mode de scrutin. Toute réforme restera donc, jusqu'à l'élection d'une nouvelle Chambre des députés, à une date non précisée, soumise au contrôle des militaires.
L'armée garde également un droit de regard sur la rédaction de la future Constitution, ainsi que des prérogatives importantes en matière de sécurité et de maintien de l'ordre dans ce pays de quelque 82 millions d'habitants.
P.LA (avec AFP)