Accord européen pour un « pacte croissance » de 120 milliards d’euros

Rédaction en ligne

vendredi 29 juin 2012, 00:11

Les dirigeants européens se sont mis d’accord sur un pacte pour la croissance d’un montant de 120 milliards d’euros, a annoncé le président de l’UE Herman Van Rompuy.

Accord européen pour un « pacte croissance » de 120 milliards d’euros

AFP

« Nous nous sommes mis d’accord pour améliorer le financement de l’économie à hauteur de 120 milliards d’euros pour des mesures immédiates de croissance », a déclaré Herman Van Rompuy au soir du premier jour du sommet de Bruxelles. Il a précisé que ce programme passait par une augmentation de la capacité de prêt de la Banque européenne d’investissement (BEI) de 60 milliards, 60 autres milliards venant de la réaffectation de fonds structurels non utilisés.

Il y aura aussi des project bonds « lancés à l’été » pour financer des infrastructures de transport et d’énergie, d’un montant de 5 milliards d’euros. Ce plan, depuis longtemps dans les cartons de la Commission européenne, avait été soutenu la semaine dernière par les quatre principales économies de la zone euro : Allemagne, France, Italie et Espagne.

Di Rupo : « nous devons prendre des mesures d’urgence »

Les dirigeants européens tentaient jeudi soir de faire avancer leur intégration économique afin de sauver l’euro, mais aussi de s’entendre sur des mesures d’urgence pour aider les pays les plus fragiles. La crise a franchi un nouveau palier cette semaine, quand l’Espagne et Chypre sont devenus les quatrième et cinquième pays de l’Union monétaire à demander une aide financière, après la Grèce, l’Irlande et le Portugal. Alors que le Fonds monétaire international a annoncé jeudi l’envoi la semaine prochaine de missions à Athènes et Nicosie pour évaluer la situation des deux pays, le Premier ministre grec Antonis Samaras s’est engagé à « accélérer » les privatisations. Mais il demande en contrepartie des modifications au programme de réformes pour enrayer la récession.

« L’Italie, l’Espagne, la Grèce, Chypre, le Portugal sont en très grandes difficultés. Si nous ne les aidons pas, il y a aura un effet domino pour toute l’Europe, nous devons prendre des mesures d’urgence », a mis en garde le Premier ministre Elio Di Rupo. « Nous devons résoudre le problème de la soutenabilité de la dette, car tout cela est inutile si nous sommes incapables de nous financer nous-mêmes » sur les marchés, a plaidé son homologue espagnol Mariano Rajoy. Madrid voit ses taux d’emprunt flirter avec les 7 %, un niveau insoutenable dans la durée.

L’Italie craint elle aussi d’être emportée dans la tourmente et voit ses taux grimper depuis plusieurs semaines. Ceux des titres à 10 ans se sont inscrits à 6,19 % lors d’une émission obligataire jeudi matin.

Les écarts de taux augmentent parce que « les marchés ont des doutes sur la survie de la zone euro », soulignait jeudi une source diplomatique.

(ClDD, avec afp)