Mohammed Morsi, premier président librement élu d'Egypte

Rédaction en ligne

samedi 30 juin 2012, 12:29

Mohammed Morsi a prêté serment devant la cour suprême constitutionnelle d'Egypte après l'avoir symboliquement fait sur la place Tahrir vendredi. Mais le bras de fer avec les militaires risque d'être long et difficile.

Le Frère musulman Mohammed Morsi a prêté serment samedi devant la cour suprême constitutionnelle d'Egypte pour devenir le premier président librement élu du pays et succéder à Hosni Moubarak, qui avait démissionné en février 2011 sous la pression de la rue.

Le siège de la cour se situe juste à côté de l'hôpital militaire où Hosni Moubarak, 84 ans, avait été transféré il y a une dizaine de jours depuis l'hôpital de la prison où il était incarcéré. L'ancien président a été condamné à la réclusion à perpétuité pour complicité de meurtres après la mort de centaines de manifestants lors du soulèvement de l'an dernier.

À la veille de son investiture, Mohammed Morsi, un professeur d'université de 60 ans, a symboliquement prêté serment vendredi sur la place Tahrir du Caire, le berceau de cette révolution égyptienne, où des dizaines de milliers de personnes, essentiellement des partisans des Frères musulmans, s'étaient massées.

Les militaires ont repris le pouvoir législatif

Il devait prononcer son discours d'investiture à l'université du Caire. Bastion de l'éducation laïque lors de sa fondation en 1908, l'établissement est devenu dans les années 70 un fief des organisations étudiantes islamistes. Nombre des responsables de ces groupes ont ensuite rejoint la hiérarchie des Frères musulmans, le plus ancien et le plus puissant mouvement islamiste du pays.

Les généraux du Conseil suprême des forces armées (CSFA) qui dirige le pays depuis la chute de Moubarak devaient ensuite transmettre officiellement le pouvoir à Mohammed Morsi. Mais les militaires, qui ont repris le pouvoir législatif, se sont également donnés les moyens de rédiger à leur avantage la future Constitution, afin d'encadrer les pouvoirs du chef de l'Etat. Amendée au soir du deuxième jour du second tour le 17 juin, la nouvelle déclaration constitutionnelle par intérim confère par exemple à l'armée le pouvoir de nommer le ministre de la Défense et la prééminence sur toutes les questions militaires.

AP