Unesco : des islamistes détruisent des mausolées à Tombouctou
Rédaction en ligne
samedi 30 juin 2012, 20:32
A Tombouctou, des mausolées classés au Patrimoine mondial ont été détruits par des islamistes en réponse à la décision de l'Unesco.
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samedi 30 juin 2012, 20:32
Des islamistes d'Ansar Dine, un des groupes armés contrôlant le nord du Mali, ont démoli samedi des mausolées de saints musulmans dans la ville mythique de Tombouctou, classée patrimoine mondial en péril, et Bamako a dénoncé « la furie destructrice » de ces actes assimilables « à des crimes de guerre ».
Armés de pioches, houes et burins, des islamistes d'Ansar Dine, qui veulent appliquer la charia (loi islamique) dans tout le Mali, ont détruit trois mausolées à Tombouctou en quelques heures seulement : celui de Sidi Mahmoud (nord de la ville), Sidi Moctar (nord-est) et Alpha Moya (est), en scandant « Allah Akbar », selon plusieurs témoins joints par l'AFP à Tombouctou.
Ces islamistes ont affirmé agir en représailles à la décision prise jeudi par l'Unesco de classer Tombouctou au patrimoine mondial en péril, souhaitant ainsi alerter la communauté internationale sur les dangers pesant sur cette cité aux mains des islamistes depuis fin mars.
« Ansar Dine va détruire aujourd'hui tous les mausolées de la ville. Tous les mausolées sans exception », a déclaré à travers un interprète Sanda Ould Boumama, porte-parole d'Ansar Dine à Tombouctou joint par l'AFP depuis Bamako.
Les destructions de mausolées sont une réponse à la décision prise par l'Unesco, a déclaré le porte-parole d'Ansar Dine interrogé par l'AFP. « Dieu, il est unique. Tout ça, c'est haram (interdit en islam). Nous, nous sommes musulmans. L'Unesco, c'est quoi ? «, a-t-il dit, ajoutant que Ansar Dine réagissait « au nom de Dieu ».
A Bamako, le gouvernement a dénoncé « la furie destructrice assimilable à des crimes de guerre » du groupe islamiste armé Ansar Dine et menacé les auteurs de ces destructions de poursuites au Mali et à l'étranger.
Pendant ce temps-là, au Grand-Hornu, au Bois-du-Luc, au Bois du Cazier ou à Blegny-Mine, tout le monde retient son souffle. L'Unesco doit décider prochainement si les « sites miniers majeurs de Wallonie » telle est l'appellation officielle de la candidature ont leur place dans le cercle très fermé des trésors de l'humanité...
(Eric Deffet, d'après afp)