Russie : les Pussy Riot refusent « de participer à un procès illégitime »

DIDIER ZACHARIE

mercredi 01 août 2012, 22:49

Alors qu’elles sont actuellement jugées à Moscou pour avoir commis « une prière punk » contre Vladimir Poutine en février dernier, les trois activistes punk de Pussy Riot ont dénoncé leurs conditions de détention.

Les trois jeunes filles de Pussy Riot, un collectif activiste punk, qui sont actuellement jugées à Moscou pour « hooliganisme », un délit pour lequel elle risque sept ans de prison, ont dénoncé ce mercredi un « procès illégitime » ainsi que leurs conditions de détention.

« Nous sommes à moitié conscientes, nous ne dormons pratiquement pas, aujourd’hui nous n’avons pas du tout dormi », a déclaré l’une des prévenues, Nadejda Tolokonnikova, au tribunal. « Nous ne pouvons pas pleinement participer » aux débats, ont-elles ajouté alors que la présidente de la juridiction faisait appeler une aide médicale d’urgence pour la deuxième fois lors de l’audience.

Les trois punkettes, par le biais de leurs avocats, se sont plusieurs fois plaint qu’elles étaient forcées à se lever à cinq heures du matin pour participer à des séances qui durent parfois plus de douze heures. En outre, elles ont affirmé ne pas vouloir participer à un procès « illégitime ».

« Une prière punk » qui risque de leur coûter sept ans de prison

Nadedja Tolokonnikova, Maria Alekhina et Ekaterina Saloutsevitch, toutes trois membres du collectif activiste punk Pussy Riot, risquent sept ans de prison après avoir investi la Cathédrale du Christ sauveur (haut temple de la religion orthodoxe), pour une « prière punk » anti-Poutine le 21 février dernier.

Elles avaient été mises en détention provisoire en mars pour « vandalisme commis en groupe organisé », une peine passible de sept ans de prison. Leur détention avait été confirmée en avril.

Pussy Riot s’était spécialisé dans l’organisation d’événements visant à protester contre Vladimir Poutine et son parti Russie Unie, à la tête du pays depuis 1999. En octobre 2011, elles avaient improvisé un concert sur le toit d’un bâtiment proche du commissariat ou était détenu le blogueur dissident Alexeï Navalny. En janvier 2012, c’est la Place Rouge qu’elles avaient investie pour chanter « Poutine a fait dans son froc », en référence aux manifestations grandissantes contre le leader russe.

Les détenues clament leur innocence et affirment n’avoir agi que pour améliorer la situation politique dans leur pays. Elles sont devenues le visage de la contestation de l’usure du pouvoir de Vladimir Poutine, une contestation qui s’est montrée au grand jour quelques semaines avant l’élection de Poutine pour un troisième mandat à la tête du pays après avoir passé cinq ans comme Premier ministre.