Assad : « La bataille d’Alep est déterminante pour le futur de la Syrie »

Rédaction en ligne

dimanche 05 août 2012, 12:18

Les combats ont redoublé à Alep pour la prise de la ville, centre économique du pays. L’armée a repris Damas aux mains des rebelles. La Syrie est plus que jamais en guerre civile.

Assad : « La bataille d’Alep est déterminante pour le futur de la Syrie »

©Reuters

De violents combats opposaient dimanche des rebelles aux forces gouvernementales à Alep, dans le nord de la Syrie, ont annoncé des mouvements d’opposition et des militants syriens. Des affrontements se déroulaient à seulement quelques centaines de mètres de la citadelle médiévale dominant la ville. Selon des militants, les rebelles essayent de progresser et de se rapprocher du centre historique d’Alep.

Le patrimoine culturel menacé

L’UNESCO s’est dite inquiète et appelle à la protection de la vieille ville d’Alep, âgée de plus de mille ans et qui reste le cœur névralgique de la cité. L’UNESCO pointe aussi la citadelle qui surplombe la ville, un molosse du XIIIe construite pour protéger le peuple au temps des croisades, et la Grande mosquée qui date, elle, du XIIe. La vieille ville d’Alep a été inscrite patrimoine de l’humanité par l’UNESCO en 1986.

Les troupes gouvernementales pilonnent sans interruption depuis deux semaines les quartiers d’Alep contrôlés par les rebelles. Les forces du régime assurent que ces bombardements ne sont que « des hors-d’œuvre » avant la véritable bataille. « La mission actuelle (de l’armée) consiste à donner des coups durs aux terroristes, à resserrer l’étau et à renforcer le contrôle des entrées de la ville afin de les empêcher de fuir », a expliqué un haut représentant de la sécurité dans la région.

La « bataille d’Alep » est primordiale pour la suite du conflit. Deuxième ville du pays située à quelques centaines de kilomètres de la frontière turque, Alep est un point stratégique et économique d’importance. Bachar al-Assad l’a affirmé dans un communiqué, cette bataille est « déterminante pour le futur de la Syrie ». « C’est la première chose sur laquelle je suis d’accord avec lui » a répondu Abu Mohammed de l’Armée de Libération Syrienne (ASL), « c’est aussi très important pour le Moyen Orient ».

L’armée a repris le contrôle de Damas

« La situation à Damas est excellente et stable. Il n’y a plus de présence de groupes armés, à l’exception de quelques individus qui se déplacent d’un endroit à l’autre pour montrer qu’ils existent », a expliqué le général en charge des opérations dans ce quartier de Tadamoun, repris par l’armée aux rebelles samedi.

Samedi, l’OSDH (Observatoire syrien des droits de l’Homme, basé à Londres) avait fait état d’un « bombardement d’une intensité jamais atteinte jusqu’à présent » à Tadamoun, où étaient retranchés de nombreux rebelles. De violents combats s’en étaient suivis.

Des pèlerins Iraniens capturés par les rebelles

Des pèlerins iraniens ont par ailleurs été capturés par des rebelles. La chaîne al-Arabyia a diffusé dimanche une vidéo montrant des Iraniens aux mains des rebelles syriens qui disent détenir des membres des Gardiens de la révolution. « Quarante-huit Iraniens, en mission en Syrie, ont été arrêtés à Damas et les interrogatoires ont révélé la présence parmi eux de Gardiens de la révolution », garde prétorienne du régime iranien, a affirmé un représentant des rebelles dans la vidéo diffusée par la chaîne satellitaire basée à Dubaï. Ce représentant de l’Armée syrienne libre (ASL), a montré ce qu’il a affirmé être la carte d’identification militaire et un permis de port d’arme d’un des Iraniens présenté comme membre des Gardiens de la révolution.

Le consul iranien à Damas avait fait état samedi de l’enlèvement de 48 ressortissants iraniens dans la région de Damas par des « groupes terroristes armés ». Téhéran a demandé l’aide de la Turquie et le Qatar, qui soutiennent les rebelles syriens, pour obtenir la libération des Iraniens. Des centaines de milliers d’Iraniens se rendent chaque année en Syrie pour le pèlerinage sur le tombeau de Zaynab, la fille de l’imam Ali, un haut-lieu de pèlerinage chiite près de Damas. L’Iran est un allié de Damas dans le conflit qui ronge la Syrie.

La Syrie est en guerre civile

Six mois après le début du conflit, la Syrie est en tout cas entrée en guerre civile. Aux pilonnages et bombardements de l’armée, les rebelles répondent désormais avec des armes lourdes. S’il est désormais avéré que les Russes fournissent des armes au régime de Bachar al-Assad, des rumeurs laissent entendre que les Etats-Unis feraient de même avec les rebelles. Des rumeurs démenties : « Notre position n’a pas changé : nous fournissons une assistance non létale à l’opposition », a assuré le porte-parole du président Barack Obama, Jay Carney. « Nous ne pensons pas qu’augmenter le nombre d’armes en Syrie soit ce qu’il faut pour parvenir à une transition pacifique », a-t-il dit jeudi.

DZ avec AFP