Syrie : Sarkozy vole la vedette à Hollande
Rédaction en ligne
mercredi 08 août 2012, 15:31
La droite reproche à François Hollande de ne pas intervenir en Syrie, qualifiant son « attentisme » de « criminel » alors que Nicolas Sarkozy s'est entretenu avec le président du Conseil national syrien.
Nicolas Sarkozy © AP
L'ancien président de la République Nicolas Sarkozy s'est entretenu longuement mardi par téléphone avec le président du Conseil national syrien, Abdel Basset Sayda, ont indiqué les deux responsables dans un communiqué conjoint.
C'est la première intervention politique publique de Nicolas Sarkozy depuis sa défaite à l'élection présidentielle le 6 mai dernier. En mars 2011, Nicolas Sarkozy avait pris la tête de la coalition qui a entamé une intervention militaire jusqu'à la chute du dirigeant libyen Muammar Kadhafi. En établissant un parallèle avec la Libye, l'ancien chef de l'État sous-entend qu'une intervention militaire pourrait être appropriée pour mettre fin aux combats en Syrie.
« La communauté internationale doit agir vite »
Nicolas Sarkozy et Abdel Basset Sayda ont évoqué « pendant près de 40 minutes » la situation dans le pays. « Ils ont constaté la complète convergence de leurs analyses sur la gravité de la crise syrienne et sur la nécessité d'une action rapide de la communauté internationale pour éviter des massacres », soulignent-ils dans leur communiqué diffusé à Paris.
MM. Sarkozy et Sayda « sont convenus qu'il y a de grandes similitudes avec la crise libyenne ». La crise en Libye avait débouché en octobre 2011 sur la mort de l'ancien dirigeant Mouammar Kadhafi, après plusieurs mois d'affrontements.
Présidé par le kurde Abdel Basset Sayda, le Conseil national syrien (CNS) est la principale coalition de l'opposition au régime de Bachar al-Assad.
La droite reproche à Hollande son attitude « criminelle »
Philippe Juvin, secrétaire national de l'UMP, a estimé mercredi dans un communiqué que l'attentisme de François Hollande sur le dossier syrien devenait « criminel ».
« Chaque jour qui passe en Syrie amène son lot de boucheries », écrit M. Juvin dans un communiqué. « L'attentisme du président de la République, qui avait promis qu'il interviendrait, devient criminel. La même situation en Libye avait conduit hier Nicolas Sarkozy à prendre ses responsabilités et à intervenir militairement », poursuit le responsable UMP.
« Pourquoi François Hollande, qui a même la direction du Conseil de Sécurité, en fait-il moins que Sarkozy ? Pourquoi ne décide-t-il pas d'intervenir ? Par peur ? Par amateurisme ? Parce qu'il ne sait pas décider ? Parce qu'il n'a pas compris l'enjeu moral ? », demande le député européen.
« La Syrie sera la grande affaire morale du quinquennat Hollande », assure encore M. Juvin.
Même Bernard-Henry Lévy est déçu de François Hollande
Le philosophe Bernard-Henry Lévy, qui a poussé Nicolas Sarkozy à intervenir en Libye et estime qu'une opération militaire en Syrie doit être menée, s'est déclaré « déçu » par François Hollande, qui se contenterait de « bonnes paroles ». « Bien sûr, je suis déçu par Hollande. J'ai voté pour lui », a-t-il déclaré la semaine dernière dans Le Parisien. « Mais là, devant ce qui restera peut-être comme la grande épreuve historique, politique, morale, du quinquennat, cet attentisme, ce flot de bonnes paroles sans effet, ce n'est plus possible. »
Le nouveau président n'a pas exclu une intervention de nature non précisée mais sous l'égide des Nations unies. Or, la France, qui a pris le 1er août la présidence tournante du Conseil de sécurité de l'ONU, se heurte au veto de la Russie et de la Chine.
P.LA. (avec Belga)