Un algorithme pour découvrir l’origine d’une épidémie ou d’un crime

Rédaction en ligne

vendredi 10 août 2012, 12:16

Développé par un chercheur de l’Ecole polytechnique de Lausanne, l’algorithme initialement prévu pour retrouver la source d’une information sur les réseaux numériques, permettrait également d’élucider l’origine d’une épidémie ou d’un attentat.

Avec l’enchevêtrement de réseaux et ses multiples interconnexions, il est souvent difficile de démêler les noeuds d’internet pour remonter à la source première d’une information. Tweetées, facebookées, reprises par un média puis par un autre, les données virales d’une information se dissolvent généralement à vitesse grand V sur la toile, sans laisser de trace visible. Publiée dans la revue Physical Review Letters, la découverte de Pedro Pinto, chercheur de l’Ecole Polytechnique de Lausanne, devrait y mettre un terme, en permettant de lever le voile sur l’identité d’un individu à l’origine d’une rumeur sur le web.

En isolant « un nombre restreint de membres » l’algorithme peut « refaire à l’envers le chemin parcouru par l’information, et de remonter à la source » indique le chercheur cité par l’AFP. « Nous parvenons à remonter à la source de tous types d’informations circulant dans un réseau ». L’analyse de messages de moins de 30 contacts sur 500 suffirait par exemple à retrouver l’émetteur initial d’une rumeur.

Un instrument d’enquête épidémiologique ou policière

Développée initialement sur des supports numériques, le chercheur et son équipe ont élargi leur découverte à d’autres réseaux physiques et humains.

Appliqué au développement d’une maladie infectieuse en Afrique, le modèle mathématique a démontré qu’il était capable de retracer tout type de réseau.

« En modélisant les réseaux de circulation d’eau, rivières ou transports humains, nous avons pu retrouver l’endroit où se sont déclarés les premiers cas », indique le chercheur.

Un système qui pourrait également s’avérer utile lors d’enquêtes policières. Passés sous le crible du système mathématique, les communications téléphoniques liées aux préparatifs du 11 septembre ont permis au chercheur d’éprouver une nouvelle fois l’efficacité de sa découverte, en isolant « trois suspects potentiels dont l’un était le leader avérés des attaques ». Et ce « en reconstruisant le réseau de ces terroristes uniquement sur la base des informations parues dans la presse » souligne Pedro Pinto.

Alicia Bourabaa (St.)