Espagnols et Portugais refusent l'austérité par dizaines de milliers

Rédaction en ligne

samedi 15 septembre 2012, 22:45

Ils étaient des dizaines de milliers, tant en Espagne qu'au Portugal, à manifester contre les politiques d'austérité mises en place pour contrer la crise. Ces manifestations ont lieu alors que les parlements des Etats de l'Union s'apprêtent à voter le pacte budgétaire européen.

Espagnols et Portugais  refusent l'austérité par dizaines de milliers

« Sauvez les gens, pas les banques » – REUTERS

Noyés sous les drapeaux rouges et blancs des syndicats, ou sous les petites pancartes portant ce seul mot « NO », les manifestants ont déferlé par dizaines de milliers sur les avenues du centre de Madrid, pour se rassembler autour de la grande place Colon.

Tous dénoncent la politique de rigueur menée par le gouvernement de droite de Mariano Rajoy : enseignants, parents et élèves en vert pour défendre l'éducation, cortège blanc de la santé, marche noire pour les fonctionnaires, défilé orange pour les personnes dépendantes et âgées, femmes en violet.

Plusieurs dizaines de milliers d'entre eux sont descendus des autocars arrivés de toutes les régions du pays, de Catalogne, d'Andalousie, ou du nord de l'Espagne, portant les drapeaux régionaux et les couleurs des deux grands syndicats, UGT et CCOO. Les autorités ont estimé la participation à 65.000 personnes, mais les organisateurs n'ont pas donné de chiffre.

102 milliards d'euros d'économies d'ici à fin 2014

« Nous voulons dire haut et fort au gouvernement que nous ne sommes pas d'accord, que sa politique fait trop de dégâts, que nous ne nous résignons pas », a déclaré le secrétaire général de CCOO, Ignacio Toxo. Le leader de l'UGT, Candido Mendez, a affirmé que cette journée marque le début d'un « long » combat contre l'austérité.

Le 19 juillet déjà, des centaines de milliers de personnes avaient défilé à Madrid pour crier leur colère contre les coupes budgétaires qui étranglent la population, durement éprouvée par un chômage frappant un quart des actifs.

Mais depuis, le chef du gouvernement a annoncé que les efforts se poursuivraient, avec 102 milliards d'euros d'économies d'ici à la fin 2014, provoquant un mécontentement social grandissant. Déjà, le gouvernement a sacrifié la prime de Noël des fonctionnaires, augmenté les impôts et la TVA, réduit les allocations chômage.

L'objectif est de ramener le déficit public, qui a atteint 8,9 % du PIB en 2011, à 6,3 % cette année, 4,5 % en 2013 et 2,8 % en 2014. Mais ces efforts pourraient ne pas suffire et l'Espagne risque de devoir demander à ses partenaires européens un sauvetage financier global, qui serait assorti d'une rigueur encore plus grande.

Le pacte budgétaire européen en question

Au Portugal, ils étaient plusi d'une centaine de milliers à manifester à Lisbonne et dans plusieurs villes du Portugal contre les mesures d'austérité du gouvernement de centre-droit témoignant ainsi d'un net regain du mécontentement social.

« Stop au terrorisme social », « Ceux qui volent le Portugal doivent être jugés », « Bientôt l'Etat volera les morts », pouvait-on lire sur quelques unes des nombreuses banderoles et petites affiches brandies à Lisbonne par les manifestants. « Que la troïka aille au diable », était le principal slogan des manifestations pour signifier le rejet des mesures de rigueur imposées par les trois bailleurs de fonds du Portugal, l'UE, le FMI et la BCE en échange du plan de sauvetage de 78 milliards d'euros, accordé au pays en mai 2011.

Depuis qu'il a annoncé un renforcement de l'austérité, le Premier ministre portugais essuie un flot de critiques non seulement de la part de l'opposition de gauche, mais aussi de plusieurs de ses alliés politiques et même du patronat. Une tentative de justification de M. Passos Coelho sur sa page Facebook a déclenché un flot de commentaires acerbes.

Principal axe de sa politique, l'austérité a entraîné une forte contraction de l'économie – 3,3 % au deuxième trimestre – tandis que le chômage dépasse les 15 % de la population active. Pris à la gorge, le gouvernement a dû admettre qu'il ne pourrait remplir cette année son engagement de ramener le déficit public à 4,5 % du PIB. Face à cette situation, la troïka a accordé au gouvernement un délai supplémentaire pour réduire les déficits.

Ces manifestations ont lieu alors que le pacte budgétaire européen s'apprête à être voté par les Parlements des Etats membres, sans qu'il y ait de référendums prévus ni réellement de débats sur la question au sein des populations.

DZ avec Belga et AFP