Copenhague attend un « vrai » projet d'accord et des sous

Rédaction en ligne

mercredi 09 décembre 2009, 20:38

Les 193 pays réunis à Copenhague pour trouver un accord contre le réchauffement climatique attendent désormais un véritable projet d'accord, d'ici la fin de la semaine, après la vaine polémique suscitée par la fuite d'un brouillon danois.

Copenhague attend un « vrai » projet d'accord et des sous

©Belga

Mercredi, la petite île de Tuvalu (Pacifique sud) a fait sensation en réclamant un effort légalement contraignant aux géants chinois et indiens notamment. « Nous devons avancer, il nous faut un accord légalement contraignant qui préserve la planète et protège les plus pauvres. Tout le reste n'est que distraction, » a déclaré à l'AFP Dessima Williams, représentante de Grenade et de l'Association des petits Etats insulaires (AOSIS).

Mme Williams est apparue comme beaucoup d'autres désireuse d'en finir avec la crise déclenchée par la divulgation la veille d'une proposition danoise de texte, considérée comme inéquitable par certains pays en développement, mais caduque pour la majorité des délégués.

La négociatrice française Laurence Tubiana a estimé que cette fuite organisée par les ONG a fourni une « mise en scène utile au G-77 (coalition de 130 pays en développement) pour attaquer la présidence danoise ».

Tuvalu, neuf atolls coralliens dans le Pacifique sud et 11.000 habitants, s'est attaqué aux géants de la planète en même temps qu'à un tabou dans l'histoire de la diplomatie climatique : la distinction, depuis l'adoption de la Convention climat en 1992, entre la « responsabilité historique » des pays industrialisés de celles des pays en développement.

A ce titre, seuls les premiers sont comptables d'engagements chiffrés contraignants dans le Protocole de Kyoto.

Tuvalu a proposé un amendement « juridiquement contraignant » au Protocole : il assignerait, à partir de 2013, des objectifs de réduction aux grands émergents qui représentent désormais plus de la moitié des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

L'archipel a suggéré la création d'un groupe de contact sur le sujet. « Mais la Chine, l'Inde et l'Arabie saoudite ont bloqué notre proposition », a indiqué Taukiei Kitara, délégué de Tuvalu.

L'argent, nerf de la guerre

Mais les pays en développement s'inquiètent surtout du manque de visibilité sur le financement du prochain accord.

Les seules promesses claires à ce stade concernent le déblocage immédiat d'environ 10 milliards de dollars par an dès l'an prochain et sur trois ans, pour aider les pays les plus vulnérables.

Aucun pays industrialisé n'a précisé le montant de sa contribution, alors que les politiques d'adaptation au changement climatique des pays les plus pauvres sont évaluées à plus de 50 milliards de dollars par an d'ici 2050.

L'Union européenne estime que 100 milliards par an seront nécessaires pour l'adaptation de ces pays et les politiques d'atténuation des émissions de gaz à effet de serre, sans préciser sa contribution.

Les dirigeants européens vont tenter de s'entendre jeudi et vendredi sur une aide immédiate de quelque 6 milliards d'euros sur trois ans à partir de 2010 aux pays pauvres mais beaucoup rechignent à payer. Les pays en développement ont aussi montré leurs divisions.

Sur le plan de la sécurité, la police danoise a effectué dans la nuit de mardi à mercredi une descente dans un bâtiment de Copenhague où des militants étrangers passaient la nuit et saisi du matériel pouvant servir à des actes de désobéissance civile. Elle n'a procédé à aucune interpellation.

(afp)