Copenhague veut limiter le réchauffement de 1,5 à 2ºC

Rédaction en ligne

vendredi 11 décembre 2009, 14:32

Le premier projet officiel d’accord sur le changement climatique vise à limiter la hausse de la température moyenne de la planète à 1,5ºC ou 2ºC sans trancher entre les deux options. Pour ce faire, les émissions mondiales devront diminuer très fortement d’ici 2050. Trois options sont ouvertes : -50 %, -85 % ou -95 %.

Copenhague veut limiter le réchauffement de 1,5 à 2ºC

©AFP

« Les parties doivent coopérer pour éviter un changement climatique dangereux (…) en reconnaissant que la hausse de la température moyenne globale par rapport aux niveaux pré-industriels ne doit pas dépasser (2ºC) (1,5ºC) », indique le document de sept pages dont l’AFP a obtenu copie et qui servira désormais de base à la négociation.

Le G8 et les principales économies de la planète s’étaient accordés en juillet à L’Aquila (Italie) pour limiter le réchauffement à 2ºC au dessus des niveaux pré-industriels.

Mais à l’initiative des petits Etats insulaires, particulièrement menacés par la hausse du niveau des océans en cas de fonte massive des glaces, une centaine de pays en développement militent pour une limite à 1,5ºC, ce qui supposerait de réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre de 85 % d’ici 2050 par rapport à 1990.

Pour atteindre cet objectif, le texte stipule que les émissions mondiales devront diminuer très fortement d’ici 2050 par rapport à 1990, en laissant trois options ouvertes : -50 %, -85 % ou -95 %.

Il indique en outre un objectif spécifique pour les pays industrialisés qui, en tant que groupe, devront réduire leurs émissions, à cette date, de « 75 % à 85 % », « d’au moins 80 à 95 % », ou de « plus de 95 % ».

La question de l’articulation de ces objectifs est un point extrêmement sensible de la négociation pour les grands pays émergents, Chine et Inde, qui ont rejoint le club des pays les plus pollueurs de la planète.

Pour ces grands émergents, l’arithmétique est simple : si un accord fixe un objectif global ambitieux mais que l’effort assigné aux pays riches est trop faible, ils devront inévitablement supporter une part trop importante de l’effort.

C’est la raison pour laquelle la Chine, a refusé, jusqu’à ce jour, de s’engager sur un objectif global de réduction des émissions à l’horizon 2050.

Le texte stipule la mise en place d’une deuxième période d’engagement pour le protocole de Kyoto, qui irait de 2013 à 2020. Kyoto impose des réductions aux pays industrialisés, à l’exception des Etats-Unis, qui ne l’ont jamais ratifié et ont catégoriquement exclu l’idée de le faire.

Selon ce texte, les engagements des Etats-Unis seraient listés dans une annexe de l’accord, mais cette partie reste à élaborer.

Enfin sur la question des financements, le texte prévoit un mécanisme immédiat (fast start) pour 2010-2012, mais reste encore vague sur la structure – et n’indique aucun montant – des fonds à long terme.

AFP