Atmosphère de chaos à Copenhague

Rédaction en ligne

mercredi 16 décembre 2009, 16:30

Arrestation de 260 personnes par des policiers très nerveux, délégués dûment accrédités bloqués à l'entrée de la conférence de l'ONU sur le climat, une atmosphère de chaos régnait mercredi à Copenhague où les ministres se sont mis au travail pour tenter d'esquisser un accord mondial.

Le tout sur fond de déclarations très pessimistes de nombre de hauts responsables quant à l'issue de cette réunion internationale.

A la reprise des travaux en séance plénière, l'Inde a carrément dénoncé un « bazar intégral », cependant que le micro-Etat de Tuvalu comparait la conférence de Copenhague au Titanic et que le Brésil protestait auprès de la présidence danoise, le chef de sa délégation étant empêché de passer par un service d'ordre impitoyable.

Au total, une centaine de personnes – militants écologistes, mais aussi journalistes et délégués – toutes accréditées, ont été bloquées à l'entrée par le service d'ordre.

Deux militants de l'ONG « Climate Justice Action » (CJA) ont toutefois réussi à faire irruption au cours de la séance plénière aux cris de « justice sur le climat, maintenant ! ».

Dans le même temps, environ 260 personnes ont été arrêtées près du Bella Center, dans la banlieue de Copenhague, où se déroule la réunion sur les changements climatiques, ainsi que dans le centre da la capitale danoise, a annoncé la police. « La plupart des militants (…) tentaient de pénétrer dans l'enceinte du Bella Center », a-t-elle ajouté.

Ce rassemblement, illégal affirme la police, avait lieu parallèlement à une autre grande manifestation, autorisée elle, qui s'est terminée vers midi dans la confusion à 200 mètres du site de la conférence.

Environ deux mille manifestants, selon les forces de l'ordre, ont été empêchés d'aller plus loin par un impressionnant dispositif de sécurité.

Des heurts se sont produits entre les policiers et les protestataires, regroupés à l'appel du collectif Climate Justice Action pour tenter d'organiser une « Assemblée du peuple » dans le parking du Bella Center.

Près de 40 chefs d'Etat ou de gouvernement devaient prendre la parole mercredi, sans attendre vendredi comme prévu. Certains étaient déjà arrivés, comme le Premier ministre australien Kevin Rudd et son homologue britannique Gordon Brown.

M. Rudd a averti sans détours que tout pouvait arriver d'ici à vendredi. « Il n'y a aucune garantie de succès. Soyons très clairs là-dessus », a-t-il déclaré.

M. Brown a considéré qu'il serait « très difficile » d'aboutir à un accord et l'Inde a qualifié de « décevants » les chiffres avancés par les pays riches pour lutter contre le réchauffement climatique.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a répété à cet égard que rien ne se ferait sans aide chiffrée à long terme aux pays pauvres.

Quant à la Chine, elle a vivement critiqué mercredi le manque de transparence de la réunion, accusant la présidence danoise de vouloir imposer un texte d'accord au mépris des négociations en cours depuis deux ans.

De son côté, le président du Venezuela Hugo Chavez s'en est pris avec virulence au capitalisme qui, selon lui, dévaste la planète.

« Négociateurs en crise »

« Les négociations sont en crise. Nous sommes très inquiets de la tournure que prennent ces discussions », a résumé le porte-parole de l'ONG Climate Action Network International, Hunter Cutting.

Devant le Parlement européen à Strasbourg, le Premier ministre suédois Fredrik Reinfedlt, qui préside l'Union européenne, a douté que l'on parvienne à Copenhague à atteindre l'objectif affiché d'un réchauffement limité à deux degrés.

Une réunion ministérielle restreinte de 25 ministres choisis par la présidence danoise de la conférence, dont six Européens, était prévue à la mi-journée pour commencer à rédiger l'accord que devront adopter vendredi quelque 120 chefs d'Etat ou de gouvernement.

Le Premier ministre danois Lars Loekke Rasmussen a pris mercredi la présidence de la réunion en remplacement de Connie Hedegaard qui va désormais se consacrer aux consultations informelles des ministres.

L'objectif de la conférence est de trouver un accord apportant la meilleure riposte possible au changement climatique et pouvant entrer en vigueur début 2013.

(afp)