Bientôt un télescope au nom belge ?
Rédaction en ligne
dimanche 13 novembre 2011, 16:14
Le cosmologue belge Georges Lemaître donnera-t-il comme Hubble son nom à un télescope ?
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dimanche 13 novembre 2011, 16:14
L'astronome américain Edwin Hubble a donné son nom à un télescope spatial. Le cosmologue belge Georges Lemaître recevra-t-il cet honneur ? Certains scientifiques l'ont souhaité au coeur d'une récente controverse sur la façon dont une découverte cruciale est passée à la postérité. « Le nom du Belge serait une bonne suggestion pour baptiser une future mission spatiale », a avancé dans un éditorial la dernière édition de la revue scientifique britannique Nature. Georges Lemaître, prêtre et mathématicien, avait publié dès 1927 sa découverte de l'expansion de l'univers, résumant dans une formule comment les galaxies s'éloignent d'autant plus vite qu'elles sont plus éloignées. Mais son article sur un univers « de masse constante et de rayon croissant » était paru dans une revue scientifique belge peu connue. Deux ans plus tard, Hubble publie une formule similaire qui passera à la postérité comme « la constante de Hubble ».
En 1931, lorsque paraît en Grande-Bretagne la traduction anglaise de l'article écrit quatre ans plus tôt en français par Lemaître, elle est amputée des paragraphes et notes montrant que le chanoine belge avait été le premier à définir la vitesse de fuite des galaxies en fonction de leur distance. Qui était le traducteur ? Y avait-il eu censure ? Ce mystère a soulevé un débat animé, des astronomes ou historiens amateurs se demandant même si Hubble n'aurait pas joué un rôle dans cet oubli.
Cherchant à percer ce mystère, Mario Livio de l'Institut scientifique du télescope spatial (Baltimore, Etats-Unis) vient de découvrir que le traducteur n'était autre que Lemaître lui-même. Dans une lettre trouvée dans des archives, Lemaître écrit à l'éditeur britannique qu'il a supprimé des passages devenus « sans intérêt ».
Après l'article publié par Hubble, peu lui importe, semble-t-il, de prouver l'antériorité de sa propre découverte. Il paraît plus soucieux, en 1931, de publier rapidement dans une grande revue scientifique britannique un nouvel article sur l'expansion de l'univers, expliquant qu'elle a commencé à partir d'un état ultra-condensé de la matière, une sorte « d'atome primitif ». Un scénario qui prendra plus tard le nom de « Big Bang ».
Une fois l'histoire clarifiée par Mario Livio dans Nature, reste l'idée de baptiser Lemaître une mission ou un télescope spatial. David Block, mathématicien (Université de Witwatersrand, Johannesbourg) et historien amateur, a suggéré cet été que son nom pourrait être donné au futur télescope géant européen ELT (European Extremely Large Telescope).
(belga)