« La fin du monde n'est pas pour demain »

FREDERIC SOUMOIS

mardi 10 juillet 2012, 17:25

Une étude promet la fin du monde pour 2100. Le vice-président du Giec réfute une vision catastrophiste du futur climat. « Je ne pense pas que la Terre devienne inhabitable au 22e siècle pour l'homme »

« La fin du monde n'est pas pour demain »

La fin du monde est-elle pour la fin du siècle et la Terre verra-t-elle la fin de la vie avant le 22e siècle ? C'est ce que laisse entendre une étude publiée dans la revue Nature de début juin, publiée quelques jours avant le sommet des Nations unies sur le développement durable, Rio+20.

Selon les auteurs, issus pour l'essentiel de l'Université de Berkeley, en Californie, cette fatalité serait due à l'emballement des changements radicaux des écosystèmes et du climat de la Terre. D'après eux, notre planète pourrait connaître un effondrement parce que les écosystèmes de la Terre seraient en train de changer à une vitesse impressionnante. Le seuil critique serait l'utilisation de 50 % des ressources. Or, aujourd'hui, nous exploitons déjà 43 % de nos ressources, d'après les estimations de ces auteurs.

« Rien ne sert de paniquer. L'effet de seuil est surtout symbolique. Je ne pense pas que la Terre devienne inhabitable au 22e siècle pour l'homme », explique Jean-Pascal van Ypersele, professeur de climatologie (UCL) et vice-président du Giec. « Mais elle le sera peut-être devenue pour les populations les plus pauvres, dont les ressources ne pourront compenser le prix en hausse des denrées, comme l'eau ou la nourriture de base. C'est d'abord une évolution profondément inéquitable qui s'annonce si on ne change pas notre manière de nous développer. Pas de catastrophisme, mais pas d'angélisme non plus ».

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