Les Etats-Unis veulent en finir avec le sida

Rédaction en ligne

mardi 24 juillet 2012, 09:04

La secrétaire d’État Hillary Clinton s’est engagée à ce que les Etats-Unis fassent émerger une génération « sans sida », devant les représentants de 190 pays regonflés par l’espoir de débarrasser le monde d’une pandémie qui a fait 30 millions de morts en 30 ans.

Les Etats-Unis veulent en finir avec le sida

© Reuters

Lors de la 19e conférence internationale sur le sida à Washington, Mme Clinton a annoncé plus de 150 millions de dollars de financement supplémentaire pour lutter contre la maladie. « Imaginez le jour où nous ne serons plus frappés par cette terrible épidémie et par les coûts et les souffrances qu’elle nous impose depuis bien trop longtemps », a lancé la chef de la diplomatie américaine, assurant de « l’engagement des Etats-Unis pour qu’émerge une génération sans sida ».

Cette conférence internationale sur le sida s’est ouverte dimanche et doit s’achever vendredi avec quelque 25.000 participants animés par l’espoir d’une nouvelle mobilisation mondiale contre le sida, dont le virus VIH affecte 35 millions de personnes sur la planète.

Cette « génération sans sida » que Mme Clinton appelle de ses vœux – ce qu’elle avait déjà fait en novembre – signifie qu’« aucun enfant, où qu’il soit, ne devra naître porteur du virus », que « plus les gens vieilliront, moins ils risqueront d’être contaminés » et que « ceux qui le seront devront être soignés pour ne pas contaminer les autres ».

« Oui, le sida demeure incurable. Mais il ne doit plus être une condamnation à mort », a encore proclamé la secrétaire d’État.

Concrètement, elle a promis 150 millions de dollars de plus des Etats-Unis dont notamment 80 millions pour des programmes visant à empêcher la transmission du VIH par les femmes enceintes à leur enfant et à leur partenaire.

97 % des personnes contaminées dans des pays pauvres

Le président français François Hollande a de son côté affirmé que la France poursuivrait sa participation au Fonds mondial contre le sida, en la diversifiant grâce à des « financements innovants », dans un message adressé par vidéo.

Les chercheurs estiment que l’arsenal thérapeutique actuel permet d’envisager d’en finir avec l’épidémie, responsable de 1,5 million de décès par an. Cet espoir a été renforcé par de récents résultats d’essais cliniques montrant que les antirétroviraux réduisent fortement le risque d’infection des personnes séronégatives ayant des relations sexuelles à risque.

Des progrès importants ont été accomplis selon les derniers chiffres de l’Onusida : plus de huit millions de personnes contaminées prenaient des antirétroviraux fin 2011 dans les pays pauvres, notamment en Afrique subsaharienne, région la plus touchée.

Mais ce nombre record ne représente encore que 54 % des 15 millions de personnes infectées qui en ont besoin. Environ 35 millions de personnes – dont 97 % vivant dans les pays pauvres – sont contaminées par le virus du sida.

Les fonds ne seront pas suffisants

Pour le milliardaire philanthrope Bill Gates, « il est clair que même si on optimise au mieux la façon de faire ce travail, les fonds ne seront pas suffisants pour traiter toutes les personnes qui en auront besoin ».

« Nous vivons dans une période d’une incroyable incertitude quant au fait de savoir comment maintenir de solides financements », a-t-il soulevé à la conférence. Pour lui, « il faudra plus de moyens de prévention dont surtout un vaccin pour mettre fin au sida (…) ce qui nécessitera de maintenir le cap en termes d’investissements scientifiques ».

C’est la première fois depuis 22 ans que cette grande conférence biennale mondiale sur le sida a lieu aux Etats-Unis. Ils avaient interdit en 1990 l’entrée de séropositifs sur leur territoire, une mesure levée en 2009 par le président Barack Obama.

(AFP)