Curiosity : ChemCam et Sam à la recherche de la vie sur Mars

Rédaction en ligne

lundi 06 août 2012, 17:54

Curiosity, qui a atterri avec succès sur Mars ce lundi, dispose de deux robots pour mener à bien sa mission : dénicher les traces de vie existantes ou passées sur la planète rouge. Fallait-il dépenser 2,5 milliards de dollars pour explorer Mars? Frédéric Soumois vous répond lors du 11h02.

Curiosity : ChemCam et Sam à la recherche de la vie sur Mars

En atterrissant avec succès sur la planète rouge, le robot Curiosity, a ouvert un nouveau chapitre dans l'exploration du système solaire. Avec en ligne de mire, la recherche de la vie sur Mars. Une mission à la portée scientifique et stratégique déterminante.

Propulsé de Floride en novembre 2011, rien ne laissait présager le succès d'un atterrissage sans encombre pour Curiosity et pour cause ; sur les 41 tentatives d'exploration martiennes, seules 14 ont été couronnées de succès.

Dotée d'un budget de 2,5 milliards de dollars et ayant mobilisé plus de 7.000 personnes, l'opération supervisée par la NASA nourrit beaucoup d'espoirs dans la communauté scientifique.

Le bilan de santé des robots est prévu pour ce lundi

Succédant à ces cousins des expéditions Pathfinder (1997) et Mars Exploration Rovers (2004), Curiosity dispose d'outils plus performants pour mener à bien sa mission : dénicher les traces de vie existantes ou passées sur la planète rouge. Une interrogation ouverte depuis la découverte il y a plus de 11 ans de la présence d'eau sur la quatrième planète de notre système solaire.

Pour se faire, les ingénieurs et astrophysiciens de la NASA et du Centre National d'Action Spatiale (CNES) de Toulouse ont développé un arsenal technologique sans précédent, transformant le robot en laboratoire ambulant sur six roues. Sur le mastodonte de près d'une tonne, deux équipements travailleront sans relâche à la recherche d'indices ; ChemCam et Sam. A côté de la caméra Mastcam, visée à la tête du robot, l'instrument ChemCam doté d'un laser surpuissant, sera chargé d'analyser la matière vaporisée par la chaleur de son rayon rouge. Quant à Sam, véritable laboratoire situé au cœur du robot, il devra étudier les corps chimiques apportés par le bras articulé de Curiosity.

La santé de SAM et ChemCam est indispensable pour le fonctionnement de l'opération. Les deux appareils conçus pour résister à des températures extrêmes et des chocs pourraient avoir été endommagés à l'atterrissage. C'est ce que devront établir les scientifiques du CNES.

Le bilan santé de ChemCam devait avoir lieu aujourd'hui. Quant à SAM, sa mise en route devrait être lancée dans trois jours. Premier essai dans un mois avant la mise en branle de la machine qui devrait être pilotée partiellement à partir du CNES de Toulouse, dans 90 jours.

Séjournant deux années sur la planète, robot effectuera sa mission en deux temps. Sur place, il se consacrera à l'étude des fossiles récoltés dans la région du cratère de Gale, périmètre d'exploration de la NASA.

Pour les chercheurs, il s'agit également de délimiter des zones qui pourraient faire l'objet de futures explorations. Des projets conditionnés par la réussite de l'opération en cours.

Curiosity, la relance de la conquête spatiale « made in USA » ?

Malgré l'enthousiasme et la fierté affichés du président des Etats-Unis suite à « l'amarssissage » de l'automate de la NASA, ces trois dernières années Barack Obama et son administration n'ont pas manifesté le même engouement pour l'exploration de l'espace.

Bien au contraire. Redéfinition stratégique ou nécessité budgétaire, la politique spatiale de l'administration Obama s'est caractérisée par le gel ou l'arrêt des missions d'exploration programmées par ces prédécesseurs. La mise à mort en 2010 du programme Constellation qui prévoyait le retour des hommes sur la lune en 2020 est l'une des ruptures les plus importantes depuis le Space Act de 1958 et la création de la NASA.

Avec les coupes drastiques ayant atteint le secteur et le rétrécissement du budget 2013 alloué à l'exploration de planète, l'enjeu est de taille pour la National Aeronautics and Space Administration : l'échec de la mission Curiosity pourrait lui coûter cher.

Quant aux Etats-Unis qui rayonnent dans le domaine spatial depuis près un demi-siècle, il s'agit de raviver l'éclat de la puissance passée. Dans la course aux étoiles qui inclura bientôt les nouvelles forces comme la Chine ou l'Inde, le pays de l'oncle Sam veut conserver le leadership. Avec les premiers pas de Curiosity, les Américains devraient garder une longueur d'avance.

Alicia Bourabaa (st.)