Un webdocu du soir.be primé
BERNARD PADOAN
jeudi 28 avril 2011, 21:54
« Le bonheur brut », consacré aux indicateurs alternatifs de croissance économique, a reçu le prix Dexia dans la catégorie Presse économique et financière. C’est une première. Par Bernard Padoan
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C’est une première. Le webdocumentaire Le bonheur brut, consacré aux indicateurs alternatifs de croissance économique, réalisé par Arnaud Grégoire et mis en ligne sur le site du Soir a été récompensé par le Prix Dexia dans la catégorie « Presse économique et financière ». Une forme de reconnaissance pour un exercice journalistique encore peu développé chez nous.
Le palmarès
Presse économique et financière : « Le Bonheur brut » a été primé, devant Nicolas Keszei (L’Echo) et Sandrine Vandendooren (Trends-Tendances).
Presse écrite : c’est David Leloup, journaliste pour Le Soir et Politique, qui a remporté le Prix pour son article sur le vaccin anti-H1N1, devant Annick Hovine (La Libre) et Pierre-Henri Thomas.
Presse radio : c’est le journaliste de Bel-RTL Frédéric Moray qui a été récompensé pour son reportage Kigali 2020, devant Françoise Baré et François Louis, de la RTBF.
Télévision : c’est Adel Lassouli, de RTL-TVI, qui a reçu le Prix pour son reportage « Les Urgentistes de la Justice », devant Hervé De Ghellinck et Pascale Bourgaux, tous deux de la RTBF.
Les Prix de la Presse Dexia sont décernés depuis 1963 et récompensent des journalistes tant flamands que francophones.
« Le bonheur brut est le premier webdocu belge », confirme Philippe Laloux, responsable du soir.be. Depuis, d’autres projets sont sur les rails, notamment Cuisine interne, un webdocumentaire sur le centre de planning familial Louise Michel à Liège, réalisé par quatre journalistes (Myriam Leroy, Fabrice Lambert, Nicolas Rymen et Joan Roels) qui sera lui aussi visible sur le site du Soir à partir de la semaine prochaine.
Mais c’est quoi, au juste, un webdocumentaire ? « C’est une interface sur internet, qui regroupe l’ensemble des informations recueillies par un journaliste à l’aide de plusieurs médias : textes, sons, images fixes et animées, dessins, infographies Flash, etc., explique Philippe Laloux. C’est un documentaire non linéaire, qui demande une lecture active avec beaucoup d’interaction, via des chats, des blogs ou des forums. »
Décloisonner les médias
En substance, le « lecteur/spectateur » n’est pas emmené d’un point A à point B comme dans un documentaire télé classique, mais il navigue dans l’environnement du webdocu, piochant à sa guise parmi les informations (interviews, vidéos, textes, séquences sonores…), un peu à la façon d’un jeu vidéo.
« On décloisonne les médias, constate Arnaud Grégoire. Mais pour l’heure, il faut reconnaître qu’on est encore un peu dans l’expérimental. » « Un webdocu, ce n’est pas un simple diaporama avec du son, insiste Philippe Laloux. Il faut qu’il y ait une vraie information. Il ne faut pas espérer que la forme compense les carences du fond. »
Outre un travail journalistique, cette nouvelle manière d’informer requiert également des compétences de scénarisation, mais aussi techniques et informatiques. Et donc de vrais moyens financiers. Un luxe ? « Un webdocu de base, c’est un budget de plusieurs milliers d’euros, explique Philippe Laloux. Mais des projets plus ambitieux, comme Prison Valley, produit par la société française Upian et Arte, peuvent grimper jusqu’à 230.000 euros. »
En Communauté française, « une enveloppe de 100.000 euros a récemment été dégagée pour les webdocs », explique Arnaud Grégoire. Les projets peuvent également être soumis au Fonds pour le journalisme, qui a soutenu Le bonheur brut.
« Ce prix que reçoit Le bonheur brut, cela démontre qu’il y a moyen de faire de la qualité, de l’enquête sur internet, insiste Philippe Laloux. Oui, internet, c’est le média de l’immédiateté, mais on peut aussi avoir des formats longs et avec de la profondeur. »