L'architecture belge sort de sa boîte
DANIEL COUVREUR
mercredi 25 janvier 2012, 11:57
L'exposition Architexto du Civa a sorti des architectes, des poètes, des écrivains et des cinéastes de ses caisses pour ouvrir l'espace à la beauté et à la liberté.
Architexto a été pensé comme une exposition voyageuse : les caisses de transport font partie de la scénographie Toutes les pièces présentées au public sy emboîtent comme un puzzle en trois dimensions, tandis
Blandine Flavier, Marie Fontimpe et Rémy Leyris sont les enfants prodiges de Bob le Bricoleur. Pour imaginer comment mettre l'architecture belge en scène, ces jeunes créateurs ont planché à partir d'un petit puzzle de polystyrène en 3D de leur invention. A l'arrivée, les pièces de chacune des sections de l'exposition Architexto s'emboîtent à la perfection pour rentrer pile poil dans une caisse de bois qui invite à l'aventure. L'astuce n'est pas seulement scénographique, elle permettra aussi à l'expo présentée par le Civa de voyager. Il suffit de tout remboîter dans la caisse pour lâcher les amarres vers d'autres horizons.
Chacun de ces puzzles est en lien avec un livre de rencontre entre poésie, cinéma, littérature, bande dessinée et architecture. De 2006 à 2009, neuf petits livres ont été publiés sous le label Architexto et exposés comme autant de bouteilles jetées à la mer en faveur de l'innovation et du renouveau culturel de l'architecture. Tout ce matériel a été reformaté pour s'inscrire dans le concept développé par Blandine Flavier, Marie Fontimpe et Rémy Leyris. Les caisses ont été déballées avec un coup de pouce du Civa, place Flagey, dans l'Espace d'architecture La Cambre-Horta.
De l'intérieur des boîtes ont jailli des photos, des poèmes, des bouts de films, des maquettes
Le visiteur est invité, par exemple, à partager l'histoire de « la maison qui rouille » des architectes Nélis-Delincé et de l'écrivain Pascal Leclercq : un dialogue sur la construction toujours à recommencer, dans la vie comme dans les mots.
Petits bouts de belgique
L'exposition convie le public à un voyage dans l'inconnu. On passe d'un cabinet de dentiste à une pépinière d'entreprise. Le temps s'immobilise sur une porte de garage
Ces reflets de petits bouts de Belgique témoignent de la culture de la transformation. Mais avec Architexto, les mutations se construisent à jets de fléchettes plutôt qu'au bazooka.
On s'assied sur une pièce du puzzle pour écouter le cinéaste Bouli Lanners nous raconter les mystères de l'espace, expliquer le silence entre la porte et le mur. Avec Géraldine Brausch, Arlette Baumans et Bernard Deffet, c'est l'homme qui s'approprie l'espace sur la maquette de l'esplanade Saint-Laurent, à Liège.
A travers toutes ces expériences, le but de l'exposition Architexto reste le même : ne pas trahir son métier, ouvrir des espaces de beauté et de liberté, insuffler la vie dans l'architecture, toucher les âmes que ce soit avec les mots ou avec les briques. Le mot de la fin ira à Bouli Lanners, qui dessine l'architecture comme « une femme en robe de lin, debout devant la fenêtre où souffle en vent d'air frais ».
Architexto , jusqu'au 26 février, Espace Architecture La Cambre-Horta, 19 bis, place Flagey, 1050 Bruxelles, du mardi au dimanche 10h30 à 18h. Entrée 6 euros. Catalogue raisonné, 176 p., Editions Fourre-Tout /Civa, 9 euros.