Art Brussels électrise la capitale de l'Europe

DOMINIQUE LEGRAND

mercredi 18 avril 2012, 10:23

Dynamique trentenaire, la foire d'art contemporain Art Brussels offre un plateau d'artistes confirmés et de talents prometteurs. Des événements « arty » complètent la fête dans Bruxelles, avec aussi une première ouverture aux Off.

Art Brussels électrise la capitale de l'Europe

Légende du rock et du punk, Alan Vega est moins connu comme artiste plasticien : « American Supreme » (1971-2009), quand les ampoules remplacent les pigments et les câbles, les lignes © Courtesy Galerie Laurent Godin, Paris

Le succès d'une foire d'art contemporain se mesure de plus en plus au nombre d'événements « off » qui l'accompagnent. Que ce soit à la Fiac, Art Basel, Venise et autres grands-messes, le off c'est du piquant, de l'originalité, de l'audace, des tremplins, un autre regard sur l'art contemporain. Jusqu'ici, Art Brussels et son comité de sélection drastique avaient toujours résisté à la création d'une ou plusieurs foires off. À part un parcours au fil de galeries bruxelloises organisées en réseau, l'amateur d'art (25.000 visiteurs dont un sur trois est étranger) devait s'arrimer au Heysel.

3 raisons d'y aller

1. Pendant quatre jours, Bruxelles vit au rythme de l'art contemporain. En pole position : Art Brussels, clap, trentième édition.

2. Deux palais du Heysel accueillent plus de 2.000 artistes. De quoi découvrir ce qui fait courir les collectionneurs et les amateurs d'art. Et pourquoi pas débuter une collection ? Premiers prix : 300 euros !

3. L'ambiance conviviale et festive d'un événement incontournable du marché de l'art.

Cette trentième édition signe l'heureuse fin d'une époque d'absolutisme. Une marée « off » envahit Bruxelles. C'est la meilleure chose pour qui s'intéresse à l'art actuel au mépris des querelles de clochers, que ce soit la tribu des collectionneurs, les guerilleros de terrain ou le grand peuple des amateurs d'art. Loin d'une accumulation de dissidences, cette irradiation de l'art dans la ville va, pendant quatre jours, faire de Bruxelles une ville de l'art actuel, ouvrant de nouveaux espaces à l'art contemporain, à défaut d'un musée.

Une édition festive

Les halls 1 et 3 du Heysel demeurent toujours le point d'ancrage d'Art Brussels, fleuron d'Artexis Belgium, à la fois exploitant de halls d'exposition et organisateur d'une vingtaine de Salons professionnels et grand public, de l'antiquité rare au bateau de plaisance.

Cette édition propose le caviar de l'art, 182 galeries de 25 pays, soit 2.000 artistes répartis selon un tout nouvel agencement. Le « plan de table » met d'abord à l'honneur les jeunes galeries qui détermineront les toutes premières impressions du public. Cette zone First Call accueille une dizaine de galeries qui n'ont encore jamais participé à la foire, comme D+T Project (Belgique) qui représente Gianni Motti, la galerie Gaudel de Stampa (France) créée par l'ancien directeur de la galerie Yvon Lambert, Denis Gaudel, ou encore la galerie Chert de Berlin.

Les valeurs assurées sont stratégiquement regroupées dans le hall 1. C'est la Gallery, la zone la plus importante à tous égards. Le gratin des galeries et artistes au niveau international, de Giuseppe Penone à Damien Hirst, se dispute un quadrillage millimétré au prix fort. Young Talent est la section réservée aux galeries qui exposent « des artistes émergents et en milieu de carrière ».

De nombreuses impulsions émaillent cette édition : une nocturne, des solo shows (Shirin Neshat notamment), le projet « Vidéo in the City », l'exposition de sculptures au parc d'Egmont, la Nuit des galeries, la découverte de collections privées, une pléiade de débats etc. Dernier « must » pour les aficionados d'art contemporain : le sac Art Brussels, créé par les designers anversois Sarah & Charles.

Brussels Expo, halls 1 et 3, Heysel, 1020 Bruxelles, 19 au 22 avril. Nocturne jeudi 19 avril. Infos : www.artbrussels.be.