Train World, le musée de l'avenir du rail

DANIEL COUVREUR

jeudi 19 avril 2012, 10:39

Jannie Haek, le CEO de la SNCB Holding, a eu des vapeurs d'émotion, mercredi midi, au dépôt de Louvain, quand la locomotive 12.004 s'est avancée sur les rails. La machine n'a pas roulé plus d'une vingtaine de mètres mais c'était suffisant pour faire monter la passion. Il a dévoilé les grandes lignes du projet de Train World, le nouveau musée du monde ferroviaire scénographié par François Schuiten, qu'il rêve d'inaugurer en 2014 sur le site de la gare de Schaerbeek.

Train World, le musée de l'avenir du rail

La Douce va faire connaître son modèle, la « 12 », avant même qu’elle ne soit la vedette de Train World © Plissart/Schuiten

« La 12 est une icône et dégage un formidable romantisme ferroviaire. La SNCB doit rentabiliser son capital d'émotion. Elle va quitter ce dépôt de Louvain pour un endroit mieux adapté à sa valeur patrimoniale et à l'histoire des chemins de fer belges. Au-delà de son rôle de témoin du passé, il s'agit d'en faire un symbole de l'avenir du rail. Elle sera installée au cœur de Train World où le grand public pourra venir l'admirer. Le budget de Train World sera puisé dans les 25 millions d'euros consacrés au patrimoine historique de la SNCB. »

Conçue par l'ingénieur belge Raoul Notesse, carénée par le designer français André Huet, cette machine de 2.500 chevaux a conquis le Ruban bleu du record mondial de vitesse en 1939. Le dernier des six exemplaires conservé à Louvain est rarement accessible au public et ne peut plus rouler sur le réseau. La SNCB prévoit sa restauration dans le cadre de la création de Train World.

« La gare de Schaerbeek date de 1913. Son bâtiment servira de porte d'entrée à Train World. L'intérieur sera consacré aux gares du futur. Un nouveau bâtiment très épuré, rappelant l'architecture des ateliers ferroviaires, sera construit derrière la gare pour abriter la 12 ainsi que l'Éléphant, la toute première locomotive belge, et d'autres machines de collection. Il y aura même une section spéciale sur les nez de trains futuristes… »

François Schuiten imagine un musée très différent d'un garage de locomotives. Il a aussi esquissé un grenier encombré de signalétiques ferroviaires ou une salle sur la toile du réseau belge, le premier du continent.

« Nous ne voulons pas d'un musée classique, confirme Jannie Haek. Le chemin de fer a des implications technologies, économiques, sociologiques, urbanistiques. En Belgique, on oublie qu'on a eu le réseau de chemin de fer le plus dense au monde. Entre le XIXe siècle et l'an 2000, on n'a pas cessé d'enlever des voies. Depuis 2000, le nombre de kilomètres de rails augmente à nouveau. Il y a des travaux partout, au point parfois, que la vitesse commerciale en souffre. Je fais tous les jours Bruges-Bruxelles et, sur ce trajet, la “12” allait plus vite que le matériel actuel parce qu'il n'y avait pas autant de chantiers. Train World sera à l'image de ce dynamisme retrouvé : l'investissement le plus rentable pour l'avenir dans notre plan de développement 2013-2025. »

Samedi 21 avril, le dépôt de Louvain, 3 Diestsesteenweg, à 3000 Kessel-lo, sera accessible de 10 à 17 heures pour visiter la 12.004 en compagnie de François Schuiten, qui signera ses albums sur place et présentera le timbre officiel de la 12 qu'il a dessiné pour la Poste belge.