Revivre le New York d'hier

QUENTIN JARDON

lundi 04 juin 2012, 12:03

La mairie de New York a créé un site d'archives public. On y trouve des milliers d'archives, souvent inédites. Si le département de la police criminelle impressionne, celui des services publics s'avère précieux.

Revivre le New York d'hier

A tous ceux qui rêvent de dépoussiérer l'histoire de New York, ouvrez grands vos yeux : The Big Apple livre désormais au monde entier les secrets de son passé. La mairie de la ville a créé un site internet sur lequel l'internaute peut consulter à sa guise quelque 870.000 documents d'archives – photos, cartes, documents – qui font revivre le quotidien et l'évolution de New York, depuis 1858, date du premier cliché disponible, jusqu'à aujourd'hui. De quoi passer le reste de sa vie le nez penché sur la ville mythique…

La galerie comprend 25 collections, abordant un large éventail de thématiques de l'histoire new-yorkaise, classées sans logique apparente. L'onglet consacré au département de la police criminelle est sans doute le plus impressionnant. Tirée du laboratoire des scènes de crime, cette série lugubre de 1.326 négatifs représente notamment des victimes d'homicides figées dans leur sang, en position vulnérable, entourées de policiers occupés à dresser leur constat. Souvent, les photographes, à l'aide de trépieds spécifiques, ont suspendu l'appareil au-dessus des corps inertes, renforçant le caractère dramatique de la scène. C'est peut-être ici que les scénaristes des plus fameuses « gangsters stories » ont puisé leur source d'inspiration !

Dans un registre plus léger, d'illustres maires de New York trouvent une place de choix dans les dédales de cette galerie. Le plus ancien qui y soit répertorié, le Mayor Fiorello H. LaGuardia, le 99e à assurer cette fonction, officia entre 1934 et 1945. Une photo l'immortalise dans un métro, une casquette de conducteur vissée sur la tête : c'est l'inauguration, en grande pompe, de la ligne de subway de la Sixième Avenue. Les balbutiements d'un réseau qui deviendra le modèle du genre à l'échelle mondiale.

Après la Grande Guerre, la mairie n'a pas lésiné sur les réceptions organisées pour fêter le retour des soldats. Une collection répertorie des photos de parades, de cérémonies et de spectacles imaginés pour divertir les blessés. Deux enfants sur un ring de boxe, par exemple, se débattant à l'aide de leurs petits gants. Curieuse manière de changer les idées des soldats épuisés par les affrontements…

Beaucoup de documents proviennent des services publics, de sorte qu'il est possible de suivre écoles, hôpitaux et pompiers dans leur quotidien, tout au long du siècle dernier.

Ponts en construction

Les amateurs de ponts trouveront également leur compte : le photographe Eugene de Salignac, employé entre 1906 et 1934 par le service des travaux publics, a mitraillé les constructions de ponts, routes et immeubles, en cours à l'époque.

Rançon immédiate d'un succès inattendu, le « grenier de New York » était inaccessible quelques heures après son ouverture. En cause : la demande « trop importante », précisait la mairie. Que les amateurs se rassurent, le problème est depuis lors résolu et chaque jour, des documents supplémentaires alimentent les collections. Chaque jour le plaisir de souffler sur la poussière se renouvelle.

www.nyc.gov/records