L'été de la photographie s'ouvre ce jeudi aux Beaux-Arts

JEAN-MARIE WYNANTS

jeudi 14 juin 2012, 10:21

L'édition 2012 de l'Eté de la photographie met le paysage européen à l'honneur. Une grande exposition lui est consacrée au Palais des Beaux-Arts. On y retrouve des noms reconnus comme Massimo Vitali, Elina Brotherus, Andreas Gursky ou Carl De Keyzer. ● L'ensemble reste malheureusement trop lisse et désincarné.

L'été de la photographie s'ouvre ce jeudi aux Beaux-Arts

Gerardo Custance, Atienza Guadalajara, juillet 2007 : la transformation du paysage par l’être humain ne date pas d’aujourd’hui © Galerie Polaris, Paris

Qu'y a-t-il de commun entre une lande irlandaise et une plage grecque ? Une plaine italienne et un barrage français ? Existe-t-il un paysage européen ? Ou plutôt des paysages européens ?

D'innombrables photographes se posent ces questions et les explorent parfois en profondeur comme Carl De Keyzer qui vient d'arpenter toute l'Europe durant quatre ans pour son excellent ouvrage Before the flood. On le retrouve dans la première salle de l'exposition Sense of Place qui ouvre l'Eté de la photographie au Palais des Beaux-Arts. Il n'est pas le seul grand nom à l'affiche puisqu'on y trouve aussi Andreas Gursky, Joan Fontcuberta, Elina Brotherus, Olafur Eliasson ou encore Massimo Vitali. En tout quarante photographes représentant les 27 pays de l'Union européenne avec 160 œuvres. À travers elles, on aborde toute la diversité des paysages, tant dans leur différence que dans leur ressemblance. On aborde surtout le rapport entre l'homme et les lieux qui l'entourent. La manière dont il se les approprie, les transforme et la manière dont le paysage lui-même, ainsi transformé, s'impose ensuite à l'humain.

Le sujet est passionnant et certains l'explorent à merveille. Gerardo Custance montre des paysages dont la beauté a été transformée par la présence humaine : ici une cité pavillonnaire, là un golf ou les cheminées d'une centrale.

Le naturel et le fabriqué

En Irlande, Anthony Haughey s'intéresse aux maisons que les habitants, profitant du boom économique, avaient commencé à construire. La crise a ruiné le pays et tout s'est arrêté laissant en pleine nature des bâtisses inachevées. Nikos Markou photographie des espaces où le naturel et le fabriqué s'entrechoquent, Thomas Weinberger saisit les paysages urbains dans une lumière blanche irréelle, Céline Clanet se confronte aux combats de titans entre montagne et barrages géants, Joan Fontcuberta utilise un logiciel sophistiqué pour inventer des paysages à partir de tableaux anciens…

Dans le beau catalogue accompagnant l'exposition, tout cela se déroule de manière fluide et jamais ennuyeuse. Les textes d'accompagnement permettent de comprendre pleinement la démarche de chaque photographe et ce qui les distingue les uns des autres. Il n'en va pas de même dans l'exposition.

Le choix des commissaires s'est porté essentiellement sur une photographie couleur de grand format. Du coup, l'ensemble finit par devenir terriblement lisse et uniforme. Pour faire vivre tout cela, il aurait fallu un accrochage et une scénographie à la hauteur. Ainsi que des explications claires sur les démarches. On reste ici dans un alignement parfait de photos de qualité (pour la plupart) mais qui finissent par s'annuler les unes les autres.

Jusqu'au 16 septembre au Palais des Beaux-Arts. Infos : www.summerofphotography.be