Le palmarès complet des Oscars

Rédaction en ligne

lundi 27 février 2012, 07:18

Meilleur film, meilleur acteur (Jean Dujardin), meilleur réalisateur (Michel Hazanavicius), meilleure bande son (interprétée par deux orchestres belges), entre autres. Pas d'Oscar du film étranger, par contre, pour le belge « Rundskop », barré par « Une séparation ».

Après son triomphe aux Césars vendredi soir, le film français « The Artist » est entré dans la légende des Oscars, dimanche soir à Hollywood, en remportant cinq statuettes, dont celle de meilleur film, historique, et celle de meilleur acteur pour Jean Dujardin, premier Français récompensé dans cette catégorie. Jamais un film français n'avait récolté autant de trophées aux Oscars.

Les principaux Oscars

Meilleur film : « The Artist » de Michel Hazanavicius

Meilleur réalisateur : Michel Hazanavicius (« The Artist »)

Meilleur acteur : Jean Dujardin (« The Artist) »

Meilleure actrice : Meryl Streep (« La Dame de Fer »)

Meilleur acteur dans un second rôle : Christopher Plummer (« Beginners »)

Meilleure actrice dans un second rôle : Octavia Spencer (« La Couleur des Sentiments »)

Meilleur film d'animation : « Rango »

Meilleur film étranger : « Une Séparation » (Iran)

Outre la statuette du meilleur film, remis pour la première fois de l'histoire à un film non anglo-saxon, « The Artist » s'est imposé dans les catégories de meilleur acteur (Jean Dujardin), réalisateur (Michel Hazanavicius), musique (interprétée par le Brussels Jazz Orchestra et le Brussels Philharmonic) et costumes. Il s'est en revanche incliné pour les trophées du second rôle féminin (qui est allé à Octavia Spencer pour « La couleur des sentiments »), de la photographie (« Hugo Cabret ») des décors (« Hugo Cabret »), du montage (« Millenium : les hommes qui n'aimaient pas les femmes ») et du scénario original (« Minuit à Paris »).

Thomas Langmann, le producteur de « The Artist », a remercié l'Académie pour lui avoir offert « le prix dont tout le monde rêve », et rendu hommage à la figure de son père Claude Berri, en citant plusieurs des cinéastes prestigieux qu'il avait produit, de Milos Forman à Pedro Almodovar.

Michel Hazanavicius s'est approché à son tour pour remercier « trois personnes : (le cinéaste américain) Billy Wilder, Billy Wilder et Billy Wilder ». Un peu plus tôt dans la soirée, en recevant son Oscar du meilleur réalisateur, il avait affirmé, très ému, être « le plus heureux des réalisateurs du monde, aujourd'hui », en confessant avoir « oublié son discours ». « Parfois, la vie est merveilleuse et c'est le cas aujourd'hui », a-t-il dit.

Quant à Jean Dujardin, il a déclaré, tout sourire que si son personnage, George Valentin, pouvait parler, il dirait « Oh, putain, merci ! Genial ! Merci beaucoup ! ». L'acteur a également rendu hommage à la (vraie) star du cinéma muet Douglas Fairbanks, aux acteurs américains qui l'ont inspiré et à son épouse Alexandra Lamy.

Le reste du palmarès

« Hugo », le premier film pour enfants et en 3D de Martin Scorsese, a lui aussi remporté cinq Oscars, dans les catégories techniques : meilleurs décors, son, mixage, effets spéciaux et photographie.

Dans les catégories d'interprétation, Meryl Streep a remporté le troisième Oscar de sa carrière pour son incarnation de Margaret Thatcher dans « La Dame de fer ». Dans une robe aussi dorée que son Oscar, l'actrice de 62 ans a remercié l'assistance pour « une carrière si inexplicablement formidable ».

Octavia SpencerLa couleur des sentiments »), qui avait remporté tous les prix de la saison, a enlevé sans surprise l'Oscar du second rôle féminin. « Merci de m'avoir offert le plus beau mec de la soirée », a déclaré l'actrice en référence à la statuette du petit chauve musclé, avant de fondre en larmes.

L'acteur canadien Christopher Plummer, grand favori lui aussi, a remporté à 82 ans la statuette du second rôle masculin, pour son rôle de gay assumant enfin sa sexualité au soir de sa vie, dans le film « Beginners » de Mike Mills. « Tu n'as que deux ans de plus que moi, où étais-tu pendant toute ma vie ? », a-t-il lancé avec humour à sa statuette, devant une salle hilare et debout -- les Oscars ont été créés en 1927, deux ans avant la naissance de l'acteur.

« The Descendants », qui était l'un des favoris de la soirée, a dû se contenter du meilleur scénario adapté, tandis que le scénario original est allé à Woody Allen pour « Midnight in Paris » -- 4e Oscar de sa carrière.

Le trophée du meilleur film étranger est allé au film iranien « Une séparation », qui avait déjà remporté une multitude de prix dans le monde. « Je suis fier d'offrir l'Oscar à mon peuple, un peuple qui respecte toutes les cultures et civilisations et méprise l'hostilité et la rancoeur », a déclaré son réalisateur Asghar Farhadi. Michaël R. Roskam (« Tête de bœuf » reviendra donc en Belgique bredouille.

Enfin, l'autre film français en lice cette année, le long métrage d'animation « Une vie de chat » de Jean-Loup Félicioli et Alain Gagnol, a dû pour sa part s'incliner devant « Rango », un caméléon mythomane mis en voix par Johnny Depp.

La soirée, retransmise dans le monde entier depuis le « Hollywood and Highland Center » -- ex-Kodak Theater, rebaptisé après le retrait de la marque de pellicules en dépôt de bilan -- était présentée par le vétéran Billy Crystal, qui faisait office de Monsieur Loyal pour la neuvième fois. Elle avait commencé par un amusant pastiche des films en compétition et a notamment compté avec un numéro spécial des Québécois du Cirque du Soleil.

(d'après afp)