Après Paris, Julie Delpy passe « 2 days in NY »

PHILIPPE MANCHE

mercredi 11 avril 2012, 10:35

Comédie romantique autant que comédie de mœurs : la réalisatrice n’a pas son pareil pour écrire des dialogues souvent drôles et acides, tout en étant plutôt douée pour le comique de situation. Un entretien de Philippe Manche

Quelques mois après Le Skylab, la cinéaste, comédienne et chanteuse Julie Delpy est de nouveau dans l’actualité avec cette suite de « 2 Days in Paris » où elle réactive son personnage de Marion. Qui vit désormais à New York avec son ami Marcus (épatant Chris Rock), un animateur radio. Marion prépare son exposition, doit gérer les aléas d’une famille recomposée – elle et Marcus ont chacun un enfant – et surtout l’arrivée de son paternel, de sa frangine et du compagnon de celle-ci. Attention, choc des cultures !

Vous aviez envie de revenir à la comédie romantique ? Une comédie romantique qui aborde des thèmes d’aujourd’hui comme les familles recomposées et qui, par le fait qu’elle se déroule à New York rappelle Woody Allen ?

Dans « 2 Days in Paris », Marion avait des problèmes de couple de 25 ans. Avec ce nouveau film, ce sont des problèmes de couples d’adultes. J’ai des ami(e)s qui vivent comme cela et c’est souvent la foire parce que ça demande beaucoup de logistique. Déjà avec un enfant, c’est compliqué. Alors quand ce n’est pas le vôtre… Et forcément, c’est le couple qui trinque et passe en second. C’est la famille avant tout.

J’ai toujours vu Marion comme quelqu’un qui vivait à New York en étant photographe. En plus, ce n’est pas un film autobiographique même si j’y glisse des choses vraies. Je ne voulais pas en faire un copié collé de ma vie même si je trouve intéressant d’y mettre de l’authenticité. C’est pour cette raison que je fais référence à la perte de ma maman mais de manière poétique.

C’est normal que les gens pensent à Woody Allen parce qu’il y a beaucoup de dialogues dans mes films et que j’ai en commun avec lui quelques névroses et cette angoisse de la mort.

Certaines scènes sont assez hystériques, surtout lorsque les deux frangines se crêpent le chignon. Quelles limites vous accordez-vous pour éviter de verser dans l’hystérie pure ?

Le film est une farce. C’est une comédie avant tout. Dans un registre beaucoup plus comique que « Le Skylab ». Donc, on est obligé d’aller un peu plus loin sinon, c’est moins drôle. Avec les rapports avec sa sœur, je ne voulais pas de limites. Je n’ai pas de sœur mais j’ai vu des frangines se défoncer la gueule en paroles. Un rapport complètement hystérique qui s’achève dans les bras de l’autre une fois la crise passée.

Votre nom a été cité comme réalisatrice d’un biopic sur Joe Strummer. C’est tombé à l’eau ?

Oui. À un moment, j’étais partante mais le scénario est assez particulier. C’est à la fin des Clash, quand Joe disparaît et vit en France. Je n’ai pas envie de me faire assassiner par les Anglais parce que c’est un sujet qui reste finalement très anglais.