Combat de fauves et de stars

FABIENNE BRADFER

vendredi 20 avril 2012, 09:57

21 films en compétition, soit la confrontation entre des piliers de la grand-messe cannoise et les talents de la nouvelle génération. Matthias Schoenaerts en lice pour le prix d'interprétation via le film d'Audiard. Joachim Lafosse est sélectionné dans Un certain Regard.

Combat de fauves et de stars

Matthias Schoenaerts et Marion Cotillard forment un duo en or dans « De rouille et d’os », de Jacques Audiard © DR

Vingt et un films en lice pour la Palme d'or. Pas de cinéaste belge mais Matthias Schoenaerts, le héros de Tête de bœuf en tête d'affiche du nouveau film de Jacques Audiard, De rouille et d'os, avec Marion Cotillard.

Parmi les vingt et un réalisateurs prétendant à la Palme d'or, seize connaissent déjà les lieux, le cirque et l'enjeu. Cela veut dire que 2012 confrontera des piliers de la grand-messe cannoise et les talents de la nouvelle génération. Soit quatre palmés (Haneke, Ken Loach, Kiarostami et Cristian Mungiu) auxquels s'ajoutent deux Grands Prix (Audiard et Matteo Garrone) face aux figures phares de la nouvelle vague coréenne (Hong Sangsoo et Im Sangsoo), à deux représentants de la nouvelle veine indépendante US (Jeff Nichols, le réalisateur de Take Shelter et Lee Daniels, qui se fit remarquer avec Precious), et celle qui vient d'Australie avec Andrew Dominik et John Hillcoat.

Ceci dit, qu'importe l'âge. Qui a vu un film d'Alain Resnais, 80 ans le 3 juin, sait à quel point ce cinéaste est d'une jeunesse éblouissante. Et le titre de son nouveau film Vous n'avez encore rien vu, en compétition, pourrait être prémonitoire…

On ajoute que dans les castings, il y a des stars qui osent : Nicole Kidman, Jessica Chastain, Brad Pitt, Robert Pattinson, Eva Mendes, Kylie Minogue… Beau monde !

Joachim, Emilie, Benoît et Jérémie

Pour un cinéma plus « atypique », direction Un certain Regard. Cette catégorie de la sélection officielle, créée en 1978 et présidée cette année par Tim Roth, met en lumière des cinéastes encore peu connus aux œuvres singulières, originales dans leur propos et leur esthétique, traduisant le renouvellement de l'expression ciné. Parmi les 17 films retenus, le cinquième long du Belge Joachim Lafosse, A perdre la raison, une version libre et personnelle de l'affaire Lhermitte avec Emilie Dequenne.

A épingler aussi dans cette section, sang belge oblige, Le grand soir, des Grolandais Kervern et Delépine, avec Benoît Poelvoorde dans la peau d'un punk à chien ! Et Elefante blanco, de l'Argentin Pablo Trapero, avec Jérémie Renier, loin des paillettes de Cloclo en prêtre intermondialiste débarquant dans les favelas de Buenos Aires.

Rendez-vous dès le 16 mai en direct de Cannes.