« Ernest et Célestine » à Cannes grâce aux Belges Aubier et Patar
FABIENNE BRADFER
mercredi 25 avril 2012, 17:21
Le nouveau film d'animation des réalisateurs de « Panique au village » a été sélectionné à La Quinzaine des réalisateurs. Les Festivaliers découvriront les aventures d'une petite souris et d'un gros ours nés du coup de crayon de notre compatriote Gabrielle Vincent et dans un scénario de Daniel Pennac.
En note d'intention, les réalisateurs Stéphane Aubier, Vincent Patar et Benjamin Renner déclaraient : « L'adaptation en film des livres d' « Ernest et Célestine » représente une occasion de faire un film mettant en valeur tout le talent artistique de Gabrielle Vincent et de lui rendre hommage. Dans chaque dessin de Gabrielle Vincent, tout est très clair, on ressent la tristesse d'un personnage, sa joie, une angoisse, sa timidité, sa mélancolie... A partir d'une page blanche, elle dépose quelques traits, quelques taches seulement, et c'est tout ce qu'il faut pour que nous puissions retrouver l'émotion qu'elle cherche à montrer. Dans chacun des livres d' « Ernest et Célestine », de ses autres livres pour enfants, ou même dans chacun de ses croquis ou tableaux, on retrouve cet incroyable talent pour le dessin, ce don de saisir une émotion et de la représenter en ne montrant que l'essentiel, en jouant avec l'épure. »
Ils ajoutaient : « Nous devons également trouver un équilibre entre l'univers de Gabrielle Vincent et celui de Daniel Pennac. En effet, le scénario de Daniel Pennac démarre son histoire dans un autre monde que celui de Gabrielle Vincent pour ensuite y revenir. Il faudrait que cet éloignement de l'univers de Gabrielle Vincent se ressente aussi légèrement dans le graphisme. Cet éloignement ne veut pas dire qu'il faut réadapter les dessins de Gabrielle Vincent, bien au contraire. Cela veut plutôt dire qu'il faut très légèrement les simplifier, les rendre plus accessibles à la folie et l'énergie de l'histoire de Daniel Pennac (et par la même occasion, les rendre plus accessible aux animateurs). »
Initialement le film d'animation pour petits enfants (4-8 ans) n'avait pas spécialement d'ambition cannoise. Surprise, il plaît au sélectionneur de La Quinzaine des réalisateurs qui ouvre avec le nouveau film de Michel Gondry (« The we and the I ») et se clôture avec la comédie audacieuse de Noémie Lvovsky (« Camille redouble »).
Pas besoin d'un smoking ajusté pour Ernest et Célestine car cette section parallèle du Festival de Cannes indépendante, libre et non compétitive, créée après 1968, se veut cool par essence. L'objectif : découvrir les films de jeunes auteurs et de saluer les oeuvres de réalisateurs reconnus. On y a découvert les premiers films de Chantal Akerman, Les frères Dardenne, Sofia Coppola, Michael Haneke, Spike Lee, George Lucas ou encore Fassbinder.
Le producteur Vincent Tavier (La Parti Production) de « Ernest et Célestine » est ravi de cette sélection et de la vitrine mondiale que cela va offrir au film. Vingt ans après avoir accompagné « C'est arrivé près de chez vous » sur la Croisette, il y revient avec une petite souris et un gros ours. Cela le fait marrer.
« Ernest et Célestine » sortira mi-décembre sur nos écrans.