Léa Seydoux trouve son plus beau rôle

NICOLAS CROUSSE

mercredi 25 avril 2012, 09:58

La jeune actrice incarne la grande sœur irresponsable, hors des réalités, de « L’enfant d’en haut ». A l’état brut. Un entretien de Nicolas Crousse

Léa Seydoux trouve son plus beau rôle

AFP

.

Comment définiriez-vous votre personnage de Louise ?

Mon personnage, c’est une désaxée, une fille qui est hors du monde. Rentrer dans ce personnage ne fut pas toujours facile. Il y avait un endroit où je résistais. Il a fallu du temps pour que je me l’approprie. Puis, il s’est passé un truc qui est qu’Ursula et moi, on s’est vraiment rencontrées, de façon assez instinctive. Son univers, son langage cinématographique ont résonné en moi. À partir de là, une grande partie était là. La rencontre fait partie de la mise en scène. Le choix des acteurs, c’est déjà de la mise en scène. L’enfant d’en haut, c’est un film atypique. Pour lequel j’ai une affection particulière. Tout comme pour Ursula. Ce film, c’est presque une fable. C’est un langage poétique. Et c’est ce qui me plaît dans le cinéma, comme dans la vie en général. Ce que j’aime beaucoup dans le film, c’est qu’il n’y a aucune forme de vulgarité. Même si les personnages naviguent dans une réalité dure, de par leur désaxement et leur marginalité, le côté brut respire en même temps de poésie. J’aime ce qui a priori n’est pas forcément beau. Et qui l’est pourtant.

Comment travaillez-vous ? Et comment êtes-vous rentrée dans ce rôle ?

Ça passe par des choses assez mystérieuses. Des choses qui sont pourtant en même temps pensées, voulues. Après, c’est une question de sensibilité. Il s’agit de réceptivité et d’empathie vis-à-vis de son personnage. Ces deux personnages sont touchants. On les aime parce qu’on les ressent. Mais à l’arrivée, ce sont les actes qui définissent les personnages.

Depuis un an, votre carrière s’emballe : Woody Allen, Benoît Jacquot, Ursula Meier. Et bientôt Abdellatif Kechiche ?

J’en suis tout au début, oui. Le tournage commence. C’est un sujet contemporain. A priori, Abdel et moi, on n’est pas du tout les mêmes. Par l’âge, par le sexe, par le milieu d’où nous venons chacun. Mais voilà, il y a un truc. Je suis très sensible à son cinéma, comme à sa mise en scène. J’aime les metteurs en scène qui sont assez exigeants. Voire obsessionnels. Ça me plaît. J’aime une certaine intensité, dans le cinéma. Un cinéma pas bourgeois,. Quand il y a trop de confort, ça parasite un peu la fabrication d’un film. Et c’est le cas de Kechiche, comme d’Ursula. Ils ont en cela des points communs.