Le Belge du jour : Bouli Lanners

Rédaction en ligne

vendredi 18 mai 2012, 10:08

L’an dernier, il faisait la clôture de la Quinzaine des réalisateurs avec ses “ Géants “. Cette année, il revient plus cool en tant qu’acteur avec deux films en sélection officielle : “ De rouille et d’os “, de Jacques Audiard, en compétition et “ Le grand soir “, de Kervern et Delépine, dans la section Un certain regard.

Nous avons retrouvé Bouli Lanners à la fête donnée en l’honneur du film de Jacques Audiard. Au milieu du brouhaha festif, il nous a raconté sa première montée des marches pour un film en compétition :

“ Je n’avais pas vu le film. Je viens de le voir et je suis resté scotché. Standing ovation pendant des minutes et des minutes. Participer à ça, c’est un moment rare. Quand j’avais vu “ Des hommes et des dieux “, de Xavier Beauvois qui est un cinéaste que j’adore, je râlais en moi-même de ne pas avoir été sur un casting comme celui-là. En voyant le film d’Audiard, je me suis dit : cette fois, j’y suis. Je suis content.

Cette année à Cannes, je suis super cool. Après le photo-call, je me suis promené à gauche, à droite, j’ai rencontré des gens, j’ai vu mon agent, on a passé l’après-midi à discuter de mes projets. Il m’a présenté des producteurs, des réalisateurs. Tout ça, de manière cool. Et puis j’ai été m’habiller et là, j’ai senti un petit stress mais on m’a dit “ cool, la presse est excellente, les chiffres sont excellents, tout va bien “. Je me suis mis dans le cortège et je me suis laissé aller. C’est drôle, tu regardes les gens, tu te sens porter par un truc, tu joues le jeu. C’est juste magique.

Et puis, il y a la descente des marches. On n’en parle jamais mais c’est un truc incroyable cette descente. Quand le film est fini, tu prends les spots sur ta gueule, les gens applaudissent puis tout le monde se lève, donc tu te lèves puis tu regardes autour de toi et tu dis : “ tiens c’est Claude Lelouch, Rosy De Palma, Marie Gillain… “ Tous ces gens qui te regardent en t’applaudissant pendant 7-8 minutes avec un grand sourire. Puis on te demande de partir. Tu y vas et dans le couloir qui mène à la sortie, une allée d’hôtesses toutes habillées de la même façon. Super classe ! Puis tu arrives au-dessus des marches et tu vois tous les journalistes qui attendent notre sortie. C’est encore plus impressionnant à la descente. Mais comme tu es très détendu, tu mets une main en poche et tu y vas avec un petit déhanché. Le service d’ordre fait reculer petit à petit le mur de journalistes. Cela donne un très beau mouvement. Cela m’a fait penser à Holiday on Ice. Sauf qu’ici, je ne patinais pas ! “

Dans la foulée de la conversation, Bouli, qui sera à l’automne à l’affiche de “ Astérix et Obélix au service de sa majesté “, de Laurent Tirard, nous confie ses projets :

“ Dès la semaine prochaine, je tourne le nouveau film de Philippe Godeau avec François Cluzet à Lyon. Je joue le convoyeur qui accompagne tout le temps Cluzet. A la rentrée, je fais le film de Solveig Anspach avec Karin Viard et Claude Gensac, la femme du Gendarme de Saint Tropez ! Après j’enchaîne un film flamand de Pieter Van Hees puis le film de Fabrice du Welz. Et l’année prochaine, ce sera la préparation de mon film. J’ai déjà commencé à écrire. Ce sera un film de forêt, l’Ardenne austère des sapins, de la chasse, de la mort, de la religion. Mais je vais y aller doucement. Il faut retrouver le sens de pourquoi on fait les trucs et pas seulement remplir un agenda ! Avant ça, j’ai vraiment envie de jouer. “

FABIENNE BRADFER