« Like someone in love » de Abbas Kiarostami

FABIENNE BRADFER

lundi 21 mai 2012, 22:26

Le film du jour Avec « Like someone in love » Abbas Kiarostami prouve qu’au-delà des différences, tout le monde se ressemble… Par notre envoyée spéciale à Cannes

« Like someone in love » de Abbas Kiarostami

Le pitch du film

Un vieil homme et une jeune femme se rencontrent à Tokyo. Elle ne sait rien de lui, lui croit la connaître. Il lui ouvre sa maison, elle lui propose son corps. Mais rien de ce qui se tisse entre eux en l’espace de 24 heures ne tient aux circonstances de leur rencontre.

Ce qu’on attendait

Abbas Kiarostami, c’est une Palme d’or en 1997 avec « Le goût de la cerise » et un prix d’interprétation pour Juliette Binoche dans « Copie conforme » en 2009.

Alors que tout le monde a les yeux rivés sur l’Iran, Kiarostami pose sa caméra à Tokyo… C’était intriguant.

Ce que j’en pense

Abbas Kiarostami questionne à l’infini son indéniable maîtrise du vecteur cinéma en regardant l’étrange relation qui s’installe entre un vieux professeur et une étudiante call-girl à Tokyo. Les reflets dans les vitres, les miroirs, les rétroviseurs se répondent, exprimant à quel point les êtres sont séparés par des frontières invisibles et communiquent de façon factice. Pour les saisir, il faut monter en voiture, lieu d’intimité par excellence.

Le naturel prime chez les acteurs japonais. A Tokyo comme ailleurs, Kiarostami saisit la vie avec sa caméra. Cela dit, on a éprouvé un peu d’ennui devant la démonstration formelle et on n’a pas toujours trouvé toutes les clés de lecture. Tout simplement, sans doute, parce que ce film n’est qu’une tranche de vies, sans début ni fin comme lors qu’on croise des gens dans la vie.

Petit plus

Un Iranien filme des Japonais. Et prouve que tout le monde se ressemble, au-delà des différences.