« Ernest et Célestine », un retour agréable vers l'enfance

FABIENNE BRADFER

mercredi 23 mai 2012, 17:23

Le film du jour Renner, Patar et Aubier font se rencontrer l'angélisme des albums et l'univers plus noir de Pennac. Les spectateurs sont face à plusieurs niveaux de lecture, ce qui est réjouissant car petits et grands y trouveront un vrai plaisir. La critique de notre envoyée spéciale à Cannes, Fabienne Bradfer

Pitch

Dans le monde conventionnel des ours, il est mal vu de se lier d'amitié avec une souris. Comme dans le monde conventionnel des souris, il est mal vu de se lier d'amitié avec un ours. Pourtant le gros Ernest, clown et musicien, marginal parmi les siens, accueille chez lui la petite Célestine, une souris orpheline rejetée du monde souterrain des rongeurs. Ces deux solitaires vont se soutenir, se réconforter et bousculer ainsi l'ordre établi…

Ce qu'on en attendait

On a en tête les beaux petits livres illustrés par Gabrielle Vincent. Le duo Patar/Aubier très marqué “ Pic Pic André show “ allait-il respecter l'univers graphique de l'artiste belge tout en légèreté d'aquarelle ? De quelle manière allaient-ils poser leur marque ? La curiosité était d'autant plus grande que le scénario du film est du romancier Daniel Pennac.

Ce que j'en pense

Quel bonheur que ce film. Aussi virtuose et tendre que les dessins de Gabrielle Vincent. Et cet enchantement visuel offre également aux spectateurs plusieurs niveaux de lecture, ce qui est réjouissant car petits et grands y trouveront un vrai plaisir. La rencontre entre l'angélisme des albums et l'univers plus noir de Pennac donne un récit dynamique qui s'inscrit dans la réalité du monde cruel dans lequel on vit. L'animation enchante les décors et se met au service des personnages. A cela s'ajoute de façon subtile et intelligente la touche d'humour propre au duo Patar/Aubier. On ne s'ennuie pas une seconde à suivre les péripéties de Ernest et Célestine.

Petit plus

Le film sort à la mi-décembre. C'est sûr, pour ses quatre ans, j'y emmènerai ma fille. Elle va adorer. Et moi, je me referai le plaisir d'un retour agréable vers l'enfance.