Rick Baker, créateur de créatures
DIDIER STIERS
mercredi 23 mai 2012, 10:06
Les extraterrestres de tous les « Men in black », ceux à poils durs, tentacules, grosse ou petite tête sont tous sortis de celle – de tête – de Rick Baker. Un entretien de Didier Stiers
DR
Rick Baker. Un artiste de légende dont la cheminée s’orne d’une belle collection de récompenses, à commencer par quelques Oscars. A 61 ans, le « maquilleur » américain qui a notamment travaillé pour Tim Burton, Peter Jackson et David Cronenberg, a donc rempilé pour la troisième fois aux côtés de Barry Sonnenfeld.
« Tout comme Bo Welsh, notre chef déco, Rick imagine des aliens en fonction de ce qu’il lit dans le scénario, et non pas selon ses envies personnelles. C’est aussi quelqu’un qui réfléchit beaucoup. Nous avons par exemple beaucoup discuté du look de Boris. Pourquoi ressemble-t-il à un biker ? Est-ce son déguisement, ou est-il comme ça sur sa propre planète ? Parce qu’il arrive sur Terre en 1969, qu’il veut se fondre dans la masse et qu’il a peut-être vu Easy Rider ! S’il avait débarqué ailleurs, il aurait utilisé ses capacités morphologiques pour se créer un autre look. »
Vous l’aurez compris, rien n’est totalement gratuit dans l’apparence de telle ou telle créature. Et au petit jeu de la création d’une « back story », comme on l’appelle, il paraît que Rick Baker est particulièrement doué. Mieux même : « Comme une partie du film se déroule en 1969, il a suggéré que les aliens de l’époque aient un look un peu plus rétro. Qu’ils portent des casques, par exemple, parce que leur technologie de l’époque ne leur permettait pas encore de respirer à l’air libre ! Vous savez, des types comme Rick Baker, Bo Welsh ou Ken Ralston, qui est le superviseur des effets visuels, passent avec nous énormément de temps à se demander comment tout ça va avoir du sens. Et là, Rick est vraiment le meilleur ! »
Pas étonnant du coup, pour les Oscars ! Sept en tout, à l’heure qu’il est. Soit pour The wolfman, Le grinch, Men in Black, Le professeur Foldingue, Ed Wood, Harry et les Henderson, et le mythique Loup-garou de Londres signé John Landis en 81.