« Cosmopolis », le spectre du capitalisme

FABIENNE BRADFER

vendredi 25 mai 2012, 23:09

Le film du jour Inspiré du roman de Don DeLillo David Cronenberg a écrit « Cosmopolis » en six jours. Une maîtrise remarquable et un lyrisme prétentieux. Robert Pattinson incarne très bien son rôle de golden boy.

« Cosmopolis », le spectre du capitalisme

Robert Pattinson et David Cronenberg,© AFP

Le pitch du film

Dans un New York en ébullition, l’ère du capitalisme touche à sa fin. Eric Parker, golden boy de la haute finance, s’engouffre dans sa limousine blanche pour aller chez le coiffeur. Au fur et à mesure du trajet, il entre dans le chaos et assiste impuissant à l’effondrement de son empire…

Ce qu’on attendait

Un film de David Cronenberg est toujours une curiosité. On se demande à chaque fois dans quelle sphère le cinéaste canadien à la réputation sulfureuse va nous embarquer. Dans son 16e long, y aura-t-il de la chair, de la violence, une traduction singulière du futur et la sensualité de l’acier ? De plus, le voici qui s’empare de la star de la saga « Twilight », Robert Pattinson, et d’un roman culte de Don DeLillo.

Ce que j’en pense

« Pour moi, l’essence du cinéma est un visage qui parle » affirme Cronenberg. Il en fait une magistrale démonstration avec « Cosmopolis », regardant les personnages dialoguer avec intelligence et pertinence sur ce que peut être notre nouveau siècle. Dans une limousine. Hors d’une limousine. Mais toujours sous la formule du huis-clos, ce qui donne à Cronenberg la jouissance de varier les angles et de se faire des plaisirs purs de cinéma. Tout ça est très léché avec, derrière la vitrine, des manifestations de rue qui ont portée documentaire. Mais dans sa façon de faire, Cronenberg adopte l’attitude de son personnage central isolé des bruits du monde pour concevoir avec une maîtrise remarquable une mise en scène d’un lyrisme prétentieux tout en se targuant de respecter à la lettre les dialogues du roman de DeLillo. Du coup, si le spectre du capitalisme qui hante le bouquin écrit il y a dix ans, est au cœur du film, le film assomme par tant de verbiages éclairants.

Robert Pattinson intègre parfaitement l’univers imposé et campe ce golden boy tout à coup en quête de libération avec le charisme approprié.

Petit plus

Les fans de Twilight vont être surpris. Le roman de Don DeLillo est tellement bon que David Cronenberg a écrit son scénario en six jours. Un record pour lui.

Petit plus en plus

« Cosmopolis » met en scène un attentat pâtissier (avec Mathieu Amalric dans le rôle de l’entratreur) : Robert Pattinson entartré. Cela fera plaisir à Noël Godin que Cronenberg ne connaît pas -la scène de l’entartrage était dans le livre de DeLillo. Cela dit, le cinéaste comprend très bien le geste. Il nous l’a dit.

Petit plus supplémentaire

Le film sort le 30 mai