Nicole Kidman, l'hyper sexuelle

FABIENNE BRADFER

vendredi 25 mai 2012, 09:57

Le Festival espère toujours un scandale : il arrive avec Nicole Kidman faisant pipi sur Zac Efron dans le film noir baigné d'une moiteur sexuelle de Lee Daniels. La star qui ne regarde pas les rushes sur un tournage, découvre « Paperboy » à Cannes. Avec Lee Daniels, elle savait qu'elle pourrait repousser ses limites. Et elle adore ça !

CANNES

DE NOTRE ENVOYÉE SPÉCIALE

Une fellation à distance face à John Cusack et un pipi accroupi sur le beau Zac Efron. Nicole Kidman ose et assume son rôle de pin-up blonde à grands cils pour qui « baiser est la chose la plus naturelle du monde. » Quelle nana ! Le Festival se réveille d'un coup. Fini le déluge ! On ne parle plus que d'un petit pipi qui prend des allures de scandale car Miss Kidman prend ses aises avec panache dans Paperboy, film noir baigné de moiteur sexuelle crade de Lee Daniels (Precious).

Mais en vrai, Nicole Kidman est-elle aussi torride ? Direction le Palace du Cap d'Antibes où elle s'est réfugiée, loin du cirque cannois. Longue, filiforme version 34 fillette, elle s'avance vers nous, coincée dans un chemisier noué jusqu'au cou et une jupe droite tue l'amour. Raide mais souriante, le corps presque robotique, elle donne l'impression qu'une expression plus naturelle pourrait faire tomber l'artifice minutieusement préparé et brouiller l'image. Et on se dit : Nicole Kidman est grandiose. Chez Lee Daniels, elle campe toute en finesse une poupée n'ayant pas peur d'écarter les jambes et prochainement, elle sera le visage de Grace Kelly pour Olivier Dahan !

« Je me laisse aller »

N'est-elle pas la démonstration en direct de la dichotomie entre fiction et réalité ? On prend souvent ce qu'on voit à l'écran pour vérité. C'est parfois le cas. Souvent, ce ne l'est pas. D'où une éternelle confusion et le rapport tronqué que le public entretient avec les stars.

Nicole Kidman, qui ne regarde pas les rushes sur un tournage et voit rarement ses films, rencontre la presse avant d'avoir vu celui qui chauffe la Croisette. Elle avoue qu'elle se sentira peut-être mal en le voyant mais « c'est le métier » et elle le fait « à l'aise ».

Elle confie : « Curieusement, les scènes de sexe ne sont pas difficiles à jouer. C'est mon travail de me laisser aller. De rentrer complètement dans la peau du personnage, de dépasser mes limites, ne pas juger par rapport à mes propres sentiments en tant que Nicole. Je veux jouer les personnages de la façon la plus vraie possible. Bien sûr, il a fallu que je m'identifie au personnage de Paperboy. Je n'ai pas voulu me voir jouer ces différentes scènes. Je ne regarde pas les rushes. Il fallait que je joue ce personnage très cru confronté à des scènes dangereuses. J'étais prête. Je savais qu'avec Lee Daniels, je pourrais reculer mes limites. Avec lui, on explore beaucoup de voies, c'est comme un labyrinthe. J'étais très à l'aise. »

Elle nous confiera aussi qu'elle « essaie de naviguer entre le métier et sa vie. Ce n'est pas toujours simple, pas toujours clair mais je ne perds jamais de vue que l'essentiel, l'ancrage vital, ce sont mes enfants. »

Sa présence à Cannes avec deux films différents – le sexuel Paperboy, de Lee Daniels (en compétition), et Hemingway et Gellhorn, drame romantique de Philip Kaufman (Hors compétition) – confirment ce sentiment qu'un acteur est viscéralement multiple.

Nicole Kidman avoue d'ailleurs : « Je recherche les contrastes, la diversité. C'est ça qui me plaît. C'est pour cela que j'ai voulu être actrice. Je suis née quelque part dans le monde, je vis d'une certaine façon, j'ai grandi d'une certaine façon mais j'ai toujours eu envie d'aller dans d'autres endroits. Depuis mon enfance, j'ai toujours eu beaucoup d'imagination. Puis un jour, j'ai découvert qu'il existait un travail qui permettait d'exprimer son imagination, d'être des personnes différentes, d'explorer différents aspects de la vie et du monde. C'est ça que j'adore dans ce métier. Je ne veux pas être étiquetée. Je ne veux pas qu'on considère que je ne peux pas jouer tel ou tel type de film. Je veux essayer. Je veux qu'on me donne cette chance. Car c'est passionnant. C'est ça qui me fait continuer à travailler à mon âge. Quand je n'aurai plus cette curiosité ou ce désir, j'arrêterai. »