Bouchaib Moqadem réclame le « droit à l’oubli »

Rédaction en ligne

vendredi 15 juin 2012, 20:06

Bouchaib Moqadem veut qu’on place un message au début du film « A perdre la raison », inspiré librement de l’affaire Lhermitte, indiquant clairement qu’il s’agit d’une pure fiction.

Bouchaib Moqadem réclame le « droit à l’oubli »

Bouchaib Moqadem © Belga

Bouchaib Moqadem, l’ex-mari de Geneviève Lhermitte, s’insurge contre le film du réalisateur belge Joachim Lafosse « A perdre la raison », librement inspiré de l’affaire, et réclame le « droit à l’oubli ». « Ce film est un scandale, une insulte pour mes cinq enfants assassinés et un crachat sur les institutions qui ont jugé l’affaire », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse en présence de son avocat et du Dr Schaar, l’autre protagoniste masculin de l’affaire.

Visiblement ému, Bouchaib Moqadem a comparé le film à un « deuxième assassinat de (ses) enfants ». Il reproche au réalisateur d’avoir fait écho aux « délires de certains » et d’avoir « manipulé la vérité » par intérêt purement financier.

« Les faits sont présentés à charge de MM. Moqadem et Schaar. Ni les scénaristes, ni le réalisateur ne laissent la chance au spectateur de se faire sa propre opinion », reproche leur avocat, Alexis Ewbank.

L’ex-mari de Geneviève Lhermitte soupçonne par ailleurs l’équipe du film d’avoir tenté de racheter sa maison pour y tourner des séquences. « J’ai résisté pendant cinq ans pour ne pas la vendre. Je voulais attendre que le film soit sorti pour être sur qu’elle ne soit pas utilisée pour le tournage. » M. Moqadem en veut également à la Fédération Wallonie-Bruxelles, à qui il reproche « d’avoir octroyé de l’argent public au réalisateur pour le film ».

Bouchaib Moqadem, qui a quitté la conférence de presse en assénant qu’aucune modification ne l’aurait satisfait et qu’il n’y aurait pas dû y avoir de film, a précisé qu’aucun contact n’avait jamais eu lieu entre lui et l’équipe du film, et qu’aucune demande ou proposition de transaction financière n’avait été émise par l’une des parties.

« Le réalisateur reconnaît le droit à l’oubli pour les condamnés, mais le refuse aux victimes », a résumé Me Ewbank, qui a annoncé qu’il avait demandé au réalisateur le placement d’un message au début du film, indiquant clairement qu’il s’agissait d’une pure fiction.

(Belga)